Impasse diplomatique en RDC : une nouvelle approche tentée par l'ONU
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Impasse diplomatique en RDC : une nouvelle approche tentée par l’ONU

 

Depuis mai dernier, l’armée congolaise affronte le M23, un mouvement rebelle qui avait, le 20 novembre, réussi à s’emparer de Goma. Onze jours plus tard, les rebelles avaient quitté la ville pour permettre l’ouverture d’un dialogue avec le président Jospeh Kabila, dialogue ouvert le 9 décembre à Kampala en Ouganda. Depuis, le dialogue a été rompu, les exactions envers les populations continuent, et l’ONU envisage un tournant dans la nature de son intervention.

Ce lundi a été organisé le 20e sommet de l’Union Africaine à Addis Abeba qui devait, en priorité, traiter de la question malienne et du déploiement de troupes africaines sur place. En marge de ces enjeux devaient également être abordée la question des tensions en Guinée-Bissau, en République Centrafricaine ainsi qu’en RDC. Ce sont, bien entendu, ces dernières discussions qui nous intéressent ici, quand bien même les avancées ont été quasi-nulles lors de ce sommet.

En effet, si la nécessité d’un plan régional de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo a été reconnue par tous, les dirigeants africains n’ont pas réussi à s’entendre sur son contenu, du fait de l’annulation du mini-sommet qui devait réunir divers pays voisins (RDC, Rwanda, Burundi, Ouganda, Angola, Congo-Brazaville, Afrique du Sud et Tanzanie). Aucune raison n’a été pour le moment avancée pour expliquer à la fois l’échec des tractations et leur report sine die. On peut néanmoins penser que le Rwanda et l’Ouganda y ont été pour quelque chose, vu le soutien qu’on les soupçonne fortement d’apporter au M23.

Face à cet échec d’entente régionale, Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, a choisi de proposer une nouvelle approche.

Ainsi, à la force actuelle, la MONUSCO, ayant déjà déployé un peu plus de 17.000 soldats, seraient ajoutés 2500 soldats regroupés au sein d’une « brigade d’intervention ». Contrairement aux autres casques bleus, ces combattants auront pour but d’empêcher par des méthodes « coercitives et robustes » (possibilité de frapper les QG des groupes rebelles) l’expansion des groupes ainsi que leurs exactions sur les populations civiles.

La Tanzanie et l’Afrique du Sud ont déjà donné leur accord pour l’envoi de telles troupes. Seulement, l’ONU doit encore apporter son approbation à la mise en place d’un tel dispositif, qui devrait d’ailleurs comporter trois drones de surveillance du territoire. Ban Ki-Moon, favorable à cette nouvelle approche, va devra donc convaincre en février prochain le Conseil de Sécurité.

About Vincent SATGE

Vincent Satgé est cofondateur du site les-yeux-du-monde.fr ainsi que coprésident de l’association Les Yeux du Monde. Il étudie actuellement à Sciences Po Bordeaux.

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