Le véritable prix du mondial qatari
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Le véritable prix du mondial qatari

 

 Deux cent milliards de dollars. C’est le budget annoncé par le Qatar pour l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Des investissements qui s’étalent sur 10 ans et font aujourd’hui du pays un chantier à ciel ouvert. Pour autant, le véritable prix du mondial qatari ne se compte peut-être pas en dollars.

Deux cent milliards, un investissement d’une hauteur inégalée. Plus de dix fois le budget du mondial 2014 (14 milliards), pour lequel les brésiliens étaient descendus dans la rue. Tout ceci dans un Etat comptant 2 millions d’habitants, qui n’a qui plus est jamais participé à une Coupe du Monde. Cela fait ainsi 10 000$ par personne, à comparer à 70$ pour le Brésil…

Troisième exportateur de gaz mondial mais disposant de faibles réserves de pétrole, le Qatar a axé le développement de ses relations internationales autour du sport et la Coupe du monde 2022  est un événement-clé de sa politique étrangère.

Les critiques sont pourtant nombreuses depuis début septembre. Des accusations d’esclavage d’abord. Le Qatar embauche des immigrants par milliers pour construire les stades qui accueilleront la compétition. La législation locale repose sur le système du sponsor, seul habilité à délivrer les autorisations  de sortie. De nombreux abus ont déjà été dénoncés : contrat de travail non respectés, horaires démesurés, conditions de travail et de logement  indécents, confiscation d’une partie du salaire etc. Plusieurs décès ont déjà été déplorés et à ce rythme, certains estiment qu’entre 3000 et 4000 immigrants pourraient « mourir pour le Mondial ».  Les défenseurs de l’environnement se sont émus face à la construction de stades entièrement fermés et climatisés, indispensable du fait de la chaleur qui règne dans le pays en été (plus de 50°C). Un impact écologique non négligeable dans un pays qui détient déjà le record de rejet de CO2 par habitant.

Enfin, des accusations de corruption se sont fait entendre dans les couloirs de la FIFA. Sepp Blatter lui-même a évoqué à demi-mots des « influences politiques directes », visant ainsi indirectement Michel Platini qui avait soutenu la candidature qatari. Celle-ci était en effet classée à haut risque par la FIFA, du fait de l’extrême chaleur régnant dans le pays en été. L’Argentine aurait elle perçue une enveloppe de 60 millions en échange de son vote à la FIFA.

En 2010, lors de l’attribution de la Coupe du Monde, les partisans du Qatar avaient avancé l’opportunité de braquer les projecteurs sur le Qatar, l’obligeant ainsi à entreprendre des réformes économiques et sociales. Quatre ans plus tard, ce sont des pratiques d’une toute autre sorte qui ont été mises en lumière. Les organisateurs ont encore du pain sur la planche pour ne pas faire mentir leurs soutiens d’hier.

About Julie GIRAUDEAU

est étudiante en Master 2 option Strategic Management à HEC Paris, programme Grande Ecole. Elle est rédactrice hebdomadaire des yeux du monde depuis la rentrée 2011.

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