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Abyei, nouvelle pomme de discorde entre Khartoum et Djouba

 

Alors qu’en janvier dernier le Sud-Soudan disait « oui » à 98,83% à son indépendance, on aurait pu penser qu’étaient réglés les majeurs problèmes entre le nord arabe et musulman et le sud noir et chrétien. Personne n’ignorait pourtant que plusieurs difficultés allaient entraver la mise en place l’Accord Général de paix de 2005, mettant fin à un conflit ayant tué 2 millions de personnes.

C’était le cas du sort de la région d’Abyei. Celui-ci devait être tranché à l’issue d’un référendum en janvier dernier: qui, du nord ou du sud, devait hériter de cette région aux ressources pétrolières abondantes située à la frontière? Suite à des combats entre deux tribus de la région, les Dinka Ngok (pro-Sud Soudan) et les Misseriya (pro-Nord Soudan), le référendum avait été reporté à une date ultérieure, non précisée. Au centre de ces affrontements, on retrouverait à la fois des querelles ancestrales, le contrôle de l’accès aux ressources en eau (majoritairement détenu par les Dinka Ngok) ainsi que les nombreux escarmouches et pillages effectuées par les Misseriya, armés par Khartoum.

Depuis mai dernier, divers affrontements s’étaient multipliés dans le voisinage d’Abyei : la province voisine Unité avait ainsi vu 82 personnes perdre la vie le 7 mai, lors d’un assaut des rebelles contre l’armée sudiste.  Le 20, une attaque contre un convoi de la Mission de l’ONU au Soudan accompagnant des troupes de l’armée nordiste, avaient fait 22 morts. Dès le lendemain, l’armée du nord se lançait avec succès à la conquête de la ville d’Abyei. Pour se justifier, Khartoum a évoqué via son ministre d’Etat à la Présidence, Amin Hassan Omer, que « les troupes des Forces Armées du Soudan resteront à Abyei jusqu’à la conclusion d’un nouvel accord de sécurité », ajoutant « Nous ne laisserons aucune partie du territoire soudanais dans le vide sécuritaire ». A l’heure actuelle, 150.000 personnes auraient déplacées depuis le début des hostilités. Quant au Sud-Soudan, il n’a pour l’instant engagé aucune véritable contre-offensive.

La réaction de la communauté internationale ne s’est pas faite attendre : alors que les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont condamné unanimement l’action de Khartoum, l’ONU a dépêché un expert indépendant Mohamed Chande Othman. Celui-ci doit rendre compte de la situation des Droits de l’Homme dans la région d’Abyei : il se rendra en conséquence du 31 mai au 8 juin à Khartoum, au Darfour puis au Sud-Soudan.

About Vincent SATGE

Vincent Satgé est cofondateur du site les-yeux-du-monde.fr ainsi que coprésident de l’association Les Yeux du Monde. Il étudie actuellement à Sciences Po Bordeaux.

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