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Où en est l’investissement chinois en Afrique (2/2)

 

L’Afrique est une terre très riche en ressource et, qui plus est, en plein boom économique. Depuis quelques années des investisseurs viennent s’y installer et notamment la Chine. Cette situation fomente de nombreuses interrogations et on entend souvent dire que la Chine a commencé un processus de néo-colonisation sur le continent Africain. Qu’en est-t-il vraiment ?

Dans la stratégie de l’Empire du Milieu sur le continent Africain un point négatif est souvent mis en avant : le rachat des terres africaines par les chinois. Ces derniers éjectent les paysans africains et les privent de leur seules sources possible de revenu. Cet accaparement des terres n’est pas exclusivement du fait de la Chine puisqu’il existe d’autres clients à l’instar de l’Afrique du sud, ou de l’Arabie Saoudite ; il n’empêche que cette situation participe à la paupérisation des populations locales.

Toute cette stratégie chinoise de développement économique en Afrique engendre une certaine animosité envers la Chine parmi les populations africaines mais aussi parmi certains gouvernements européens, anciens collaborateurs privilégiés du continent africain.

Pour autant notion de néocolonialisme souvent employée pour décrire l’investissement chinois sur le continent apparaît abusive.

Cette thèse n’est pas légitime pour un point simple : il n’y a quasiment pas de soldats chinois sur le continent. De plus la politique de la Chine est de ne pas s’ingérer dans les  affaires intérieures des pays.

C’est d’ailleurs à ce niveau qu’un autre problème se pose : les chinois n’interviennent pas dans la politique intérieure des pays dans lesquels ils investissent. Cette politique de non-ingérence extérieure paraît être difficile à tenir sur le long terme. Pour exemple, le Soudan qui dorénavant divisé en Sud Soudan et Nord Soudan depuis l’indépendance du Sud Soudan proclamée le 09 juillet 2011. Auparavant la Chine soutenait le Nord du Soudan et les Etats-Unis le Sud. Le Soudan représente 5% des importations pétrolifères chinoise, or il n’y a plus de pétrole au nord du Soudan, la Chine s’est alors retrouvée dans une situation délicate.

La Chine est qu’elle le veuille ou non impliquée dans la politique sur le continent africain. Un autre exemple significatif est l’élection du président zambien Michael Sata, en septembre 2011, dont le programme était basé, entre autre, sur une idéologie antichinoise.

A un niveau démographique la Chine vieillissante est à l’opposé de l’Afrique : un continent jeune et plein d’avenir. L’Afrique est devenue la quatrième destination des investissements chinois à l’étranger. La Chine aura dans le futur, une dizaine d’années environ,  besoin de la main d’œuvre africaine. D’après ses dires, elle ne fera plus (ou peu) délocaliser sa main d’œuvre pour travailler dans l’industrie comme c’est le cas aujourd’hui. La production chinoise sera vraisemblablement délocalisée de manière massive, ce qui pourrait initier le transfert de savoir-faire et de technologies tant attendu par les Etats Africains. La question de la politique de non-ingérence chinoise est aussi un point discutable, la Chine peut-elle continuer à investir dans un Etat sans se soucier de la politique menée par les pouvoirs en place ?

About Raphaël DELLAVALLE

Raphaël Dellavalle est étudiant au département des Sciences de la Communication de l'Université de Malaga.

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