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La coupe du monde, un piège pour le Brésil?


Catégories : Actualités analysées, Amérique, Amérique du Sud | Soyez le premier à commenter | Vu 1166 fois par 667 lecteurs

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au moins 11 milliards d’euros ont été dépensés rien que pour la construction et rénovation de stade, une somme astronomique

Alors qu’il ne reste plus que deux mois et demi avant l’ouverture du mondial, le Brésil est toujours secoué par des protestations anti-coupe du monde. Cet événement, initialement attendu par tout un peuple, est maintenant devenu un objet de contestation pour le peuple brésilien…

La sécurité continue à être au centre des attentions au Brésil. La FIFA et le gouvernement brésilien, échaudés par de possibles nouvelles manifestations massives (comme en juin dernier), voire des attaques de narcotrafiquants, sont inquiets pour la suite des événements.
Le gouvernement brésilien a de nouveau envoyé l’armée occuper quelques favelas de Rio de Janeiro.

Erica Machado, responsable de projets du PNUD, le programme de développement de l’ONU, a appuyé la thèse selon laquelle la prévention n’a pas été assez poussée vis-à-vis de la population brésilienne. Il a par ailleurs ajouté que ça serait un mondial sûr, mais que certaines zones ne présentaient aucune certitude, ce qui demeure inquiétant.

Le mal brésilien en matière de sécurité est profond. Dino Caprirolo, du BID (banque interaméricaine de développement) soulignait d’ailleurs un fait paradoxal il y a peu : malgré une augmentation de l’investissement dans la sécurité, le taux d’homicides s’est à peine réduit au Brésil. En cause principalement les défaillances administratives et la lenteur judiciaire mais aussi la corruption, un mal récurrent au Brésil.

Les répressions policières sont aussi courantes. Vendredi dernier avait lieu, à Washington, à la Commission Interamericaine de Droits Humaines, la première audience sur l’excessive répression policière qui avait eu lieu lors des mouvements sociaux de rue en juin 2013.

Le gouvernement brésilien qui avait initié de nombreux plans sociaux sous Lula, repris par Dilma Roussef, aurait pu profiter de l’occasion du mondial pour investir encore davantage dans ce domaine, notamment dans les quartiers sensibles. En plus de réinsérer socialement une partie de la population, cela aurait été bénéfique afin de renforcer la sécurité intérieure. Malgré tout, le mondial pourrait toutefois aider l’expansion de projets sociaux et ce notamment envers les femmes et la jeunesse brésilienne.

Par ailleurs, les bénéfices du mondial ne seront pas aussi importants que prévu. Le Brésil ne devrait recevoir que 300 000 touristes, la moitié de ce qui avait été envisagé initialement.

Dans ce pays de foot par excellence, les manifestations ont fleuri pour protester contre un mondial trop cher et des investissements au-dessus de la normale et surtout trop élevés ; en comparaison avec l’argent investi dans l’éducation ou la santé par exemple.

Ironie du sort, ce pays si tourné vers le foot a même dorénavant une chanson anti-coupe du monde intitulée: « Desculpe Neymar » en portugais, « Excuse-moi, Neymar ». (Neymar joueur phare de l’équipe brésilienne).

Le bilan pré-coupe du monde est donc très négatif et ce à tous les niveaux. Un parcours exemplaire de l’équipe nationale suffira-t-il à faire oublier tous ses déboires au peuple brésilien ? En cas de victoire de la selecao, le mal sera probablement atténué mais l’illusion serait de courte durée pour une société brésilienne en souffrance dans de nombreux secteurs.

Raphaël Dellavalle est étudiant au département des Sciences de la Communication de l'Université de Malaga.

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