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Le Parti social-démocrate quitte le gouvernement et laisse Hatoyama assumer seul une impopularité croissante

 

La « Grèce de l’Orient », voilà le surnom qui pourrait selon certains incomber à terme au Japon, surnom mérité vu l’énorme dette publique nipponne (l’équivalent du double de son PIB en 2009). Cette même dette qui a fait perdre les élections législatives de septembre 2009 au Parti Conservateur, accaparant le pouvoir depuis 54 ans mais ne parvenant pas à réformer un Japon qui en avait besoin.

Profitant ainsi d’un mécontentement généralisé, l’opposition soit le Parti Démocrate mené par Yukio Hatoyama avait raflé les deux tiers des sièges de la chambre basse japonaise. Or c’est le même désaveu de l’opinion publique que connait le parti actuellement au pouvoir. Car le programme de campagne des démocrates est loin d’avoir été mis en place, que ce soit pour l’aide aux familles ou dernièrement pour les bases américaines sur le territoire japonais. Ce dernier problème, récurrent depuis la naissance de la démocratie nipponne, est récemment apparu comme de moins en moins en voie d’être résolu. En effet depuis l’accord de 2006 ratifié par le Parti Conservateur, une base américaine est installée à Okinawa, un archipel au sud du Japon. Or la population et les élus locaux s’y opposent fortement, en raison entre autre de la criminalité que cela engendre (viols répétés par les marines par exemple).  Hatoyama avait fait de la suppression de cette base une promesse de campagne et le Parti Social-Démocrate Japonais (composant sa coalition) une priorité absolue. A la renégociation de cet accord entre Washington et Tokyo en mai dernier,  tout cela avait abouti à la relocalisation de la base sur l’archipel… d’Okinawa. De façon apparente, la base n’est pourtant pas une priorité pour Washington. Mais face au changement d’attitude du Japon, qui n’avait jusqu’alors peu manifesté de revendications et restait docile à Washington, l’administration Obama s’est crispée et n’a pratiquement fait aucune concession. Face à cet aboutissement, la dirigeante du Parti Social-Démocrate Japonais, Mizuho Fukushima, a annoncé que son parti quittait le gouvernement le 30 mai. Le soutien perdu n’est pas précieux, ce parti ne possédant que quelques sièges au sein de la majorité d’Hatoyama, toujours écrasante.

Seulement la population voit dans cette négociation avortée une preuve supplémentaire de l’impuissance du gouvernement Hatoyama à appliquer son programme. Passant de 70% d’opinion favorable en septembre dernier à 20% aujourd’hui, le gouvernement Hatoyama pourrait bien devenir l’arroseur arrosé : le même vote de contestation qui lui a fait conquérir la chambre basse pourrait bien lui faire perdre les prochaines sénatoriales en juillet.

About Vincent SATGE

Vincent Satgé est cofondateur du site les-yeux-du-monde.fr ainsi que coprésident de l’association Les Yeux du Monde. Il étudie actuellement à Sciences Po Bordeaux.

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