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Kazakhstan : le pays émergent centrasiatique

 

Un quart de siècle après son indépendance, le Kazakhstan, puissance régionale de 18 millions d’habitants, développe une politique étrangère volontairement protéiforme et ouverte afin de s’extirper du giron de ses deux puissants voisins russe et chinois. Dans cette perspective, le développement rapide du secteur énergétique est un argument qui contribue au rayonnement naissant du Kazakhstan.

Puissance pour l’instant stable, le Kazakhstan le doit en partie à la politique étrangère et économique menée par son président, Nazarbaïev.
Puissance pour l’instant stable, le Kazakhstan le doit en partie à la politique étrangère et économique menée par son président, Nazarbaïev.

Politique internationale de conciliation avec toutes les grandes puissances

L’effondrement de l’URSS, à laquelle le Kazakhstan était rattaché, intervient en 1991. Très vite, le pays a eu la perception d’être coincé entre deux géants, la Chine et la Russie, dont les acquis diplomatiques, militaires ou économiques (arsenal nucléaire, siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies entre autres) étaient bien supérieurs.

L’ambition diplomatique menée par le président Nazarbaïev consiste à entretenir des relations très cordiales avec les voisins, la Russie et la Chine, mais aussi avec l’Europe et les Etats-Unis. Aujourd’hui, la plus grande des cinq républiques d’Asie centrale diversifie ses relais d’influence internationaux. Dans les années 1990, Astana a réussi à attirer les investissements chinois dans le domaine des hydrocarbures, faisant de la Chine le plus grand producteur de pétrole étranger au Kazakhstan.

Surtout, le Kazakhstan cherche à se défaire de son image de république post-soviétique. Plusieurs éléments prouvent les velléités d’autonomie diplomatiques du pays. Ainsi, lors de la crise en Ukraine, le Kazakhstan a été le premier État à reconnaître l’indépendance de la Crimée, en mars 2014. Dans cette perspective, le pays n’a pas voté contre la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies, portant sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine et sur l’invalidation du référendum d’autodétermination en Crimée, comme l’ont fait la Russie, la Biélorussie ou l’Arménie, préférant s’abstenir. Parallèlement, le Kazakhstan est cependant fortement engagé dans le projet d’union douanière et d’espace économique commun voulu par Poutine.

Astana entretient également des relations amicales avec les Etats-Unis. Le Kazakhstan a en effet soutenu l’intervention américaine en Afghanistan et a fourni une assistance logistique sans participer directement à l’intervention militaire. Dans une volonté de stabilité stratégique, le pays coopère également avec l’OTAN.

Trouver une place dans le concert mondial : poids des ressources énergétiques et du soft power

Le Kazakhstan est particulièrement riche en ressources naturelles extractives comme le pétrole, le gaz, le charbon, l’uranium et les terres rares. A titre d’exemple, en 2014, le Kazakhstan se classe dixième producteur mondial et septième exportateur mondial de charbon. En outre, on estime ses réserves de pétrole à 3,9 milliards de tonnes début 2015 (douzième rang mondial et second rang eurasiatique derrière la Russie). Deux sites, situés à l’ouest du pays, assurent la majorité de la production en hydrocarbures liquides du Kazakhstan : Tengiz et Karachaganak. Enfin, le Kazakhstan est premier producteur mondial d’uranium (38% de la production mondiale en 2013).

Ce développement énergétique répond à la volonté de mettre en œuvre la stratégie de développement national « Kazakhstan 2050 » dévoilée pour le président Nazarbaïev en 2012. Le document mentionne des objectifs fondamentaux comme la garantie de la sécurité nationale, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays, tout en visant à l’entrée du pays dans les rangs des trente nations les plus développées d’ici 2050.

D’un point de vue culturel, la capitale du Kazakhstan, Astana, accueillera l’Exposition internationale de 2017, sur le thème « Développer l’énergie du futur : nouveaux type d’énergie », du 10 juin au 10 septembre 2017. Au travers de l’organisation de l’Expo 2017 à Astana, au cours de laquelle plus de cinq millions de visiteurs sont attendus, le Kazakhstan cherche à se placer au centre des évènements internationaux. La ville d’Almaty a, par ailleurs, échoué de peu à accueillir les Jeux Olympiques d’hiver 2022 face à Pékin (44 voix à 40), preuve d’un poids non négligeable sur la scène internationale.

La démonstration de soft power induite par l’Exposition internationale et la candidature olympique tendent ainsi à prouver les capacités de rayonnement non plus seulement régionale mais mondiale du Kazakhstan.

About Marc GERARD

Etudiant en Master recherche Histoire des Mondes Modernes et Contemporains à l'Université Bordeaux Montaigne. Rédacteur aux Yeux du Monde depuis janvier 2016.

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