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Chine et Russie en Asie Centrale : quelles rivalités ?

 

Depuis la chute de l’empire soviétique en 1991, la Russie est restée le leader incontesté en Asie centrale. Toutefois, depuis peu, la Chine fait son entrée dans le jeu des puissances concernant l’accès à cet espace stratégique et obtient même le soutien de la part des pays centre-asiatiques. Ces derniers sont d’ailleurs capables de mettre en concurrence les puissances entre elles et de choisir leurs partenaires en fonction de leurs intérêts. Bien que les stratégies russes et chinoises soient fondamentalement différentes en Asie-centrale, elles poursuivent un objectif commun : la mainmise sur cette région.

La Chine voit dans l’Asie centrale un rôle hautement stratégique : la région possède de nombreuses ressources en pétrole, gaz naturels et de charbon qui représentent respectivement 30%, 24% et 40% des approvisionnements énergétiques de Pékin pour l’année 2015. En outre, la population de la Chine étant amené à croître, le pays doit sans cesse trouver de nouvelles voies d’approvisionnement en ressources naturelles. Des recherches sont en cours sur les bords de la Mer Caspienne, au Turkménistan. Selon les experts, 6,5 milliards de mètres cubes de gaz y seraient dissimulés.

En outre, les pays d’Asie centrale ont une démographie importante. Ils sont donc des marchés à hauts potentiels pour que la Chine puisse écouler ses marchandises. Tous ces éléments ont poussé Pékin à développer un cercle vertueux fondé sur un développement économique mutuel entre les deux entités – Chine et Asie Centrale. Un exemple frappant de cette volonté de développement dans la région est l’annonce par le président Xi Jinping du projet de « Nouvelle Route de la Soie » en 2013. Ainsi, la Chine a proposé de participer au financement d’infrastructures (chemins de fer, autoroutes, gazoducs et oléoducs). L’objectif final de cette participation est de consolider les réseaux entre les différents pays situés le long de cette route.

La Russie, de son côté, conserve une logique de dépendance historique datant de l’ère soviétique. Elle souhaite ainsi maintenir un certain hard power sur la région. La présence russe sur cette région se traduit par la mise en place de plusieurs organisations. Les plus représentatives sont l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC).  Sa finalité est le rapprochement et la coopération entre les armées des Etats signataires. Autre exemple, l’Union Economique Eurasiatique (UEE) mise en place en 2015 et, comptant comme membres l’Arménie, le Kazakhstan, la Biélorussie, le Kirghizstan et le Tadjikistan. La Russie a grandement profité de la suppression des barrières douanières au sein de l’UEE, alimentant sa croissance en augmentant ses échanges avec les autres membres qui, eux, échangent peu entre eux. En outre, Moscou domine certains marchés clés pour cette région tels que les télécommunications avec deux opérateurs phares Beeline et Megaline.

Contrairement à la Chine, l’influence de la Russie dans cette région est de plus en plus critiquée et contestée. Le mode d’entrée de la Chine, par un développement économique mutuel pourrait faire de l’ombre aux ambitions russes sur la région.

 

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