Corée du Sud - Chine : un nouveau départ dans les relations bilatérales
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Corée du Sud – Chine : un nouveau départ dans les relations bilatérales

 

Le président sud-coréen, Moon Jae-in, s’est rendu mi-décembre en Chine pour une première visite officielle.

Les sujets de contentieux

Rencontre Corée du Sud – Chine

Moon Jae-in, en fonction depuis mai 2017, a effectué une visite officielle de quatre jours afin de se réconcilier avec la Chine. Cette visite a été une opportunité pour les deux pays de rétablir la confiance mutuelle ébranlée, capitale non seulement pour la redynamisation des relations bilatérales, mais également pour la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne.

La Chine avait reproché à Séoul de faire installer sur son territoire le THAAD, un système anti-missiles américain destiné à faire face à la menace nord-coréenne. Son déploiement a été achevé en septembre 2017. Séoul et son allié américain assurent que ce dispositif est destiné à surveiller les tirs de missiles nord-coréens et à éventuellement abattre un projectile de portée moyenne qui menacerait le territoire sud-coréen, où sont basés des milliers de soldats américains. La Chine estime, de son côté, que le puissant radar associé au THAAD – l’AN/TPY-2 conçu par l’entreprise Raytheon – va surtout donner aux militaires américains la capacité de détecter ses propres missiles et donc bouleverser l’équilibre militaire de la région.

Le régime chinois avait réagi en boycottant les commerces et automobiles sud-coréens et en ordonnant aux agences de voyages chinoises de suspendre les ventes de séjours à destination du Pays du Matin calme. Néanmoins, en novembre, les deux pays ont rédigé un communiqué dans lequel ils se sont engagés vers la voie de la réconciliation. La Chine a depuis commencé à autoriser à nouveau les voyages en groupe en Corée du Sud, signe d’une amélioration des relations bilatérales.

La question nord-coréenne

La question du programme nucléaire et balistique nord-coréen a été au cœur des discussions entre Moon Jae-in et Xi Jinping. Alors que Washington assure que toutes les options, y compris militaires, sont ouvertes contre la Corée du Nord, la Chine et la Corée du Sud prônent le dialogue. La Chine ne veut pas assister à l’effondrement du régime de Kim Jong-un. Elle entretient des rapports privilégiés avec la Corée du Nord, étant notamment son principal partenaire économique mais également avec la Corée du Sud. La stratégie chinoise dans la péninsule coréenne dégage plusieurs tendances : la dénucléarisation de la Corée du Nord (la Chine est très engagée sur cette question comme l’atteste par exemple le Sommet de Pékin de 2004), le maintien de la relation traditionnelle et des liens économiques avec la Corée du Nord, et la coopération économique avec la Corée du Sud, puissance émergente en Asie. Les autorités chinoises cherchent à maintenir un statu quo en Corée. Elles préfèrent une péninsule coréenne divisée mais stable et pacifique.

Les dirigeants chinois et coréens se sont accordés sur quatre principes dans le but de faire face à la Corée du Nord : aucune guerre sur la péninsule coréenne; la dénucléarisation de la péninsule; la résolution pacifique de la question nucléaire et l’amélioration des relations inter-coréennes. Ils ont confirmé leur volonté de résoudre pacifiquement tous les problèmes. Ils ont estimé qu’une amélioration des relations inter-coréennes contribuera à résoudre les difficultés sur la péninsule coréenne. La situation de plus en plus instable sur la péninsule coréenne pourrait aboutir sur un scénario désastreux, dont ne veulent ni Beijing ni Séoul. C’est la raison pour laquelle ils devraient continuer de renforcer leur communication et coopération.

Le voyage de Moon a visé essentiellement à renforcer les efforts des deux pays pour mettre fin pacifiquement aux programmes nucléaire et balistique de Pyongyang après un lancement de missile nord-coréen le 29 novembre dernier. Les dirigeants ont répété qu’aucune guerre ne serait tolérée sur la péninsule coréenne, quelles que soient les circonstances, et ont aussi promis de résoudre l’impasse nucléaire à travers le dialogue et la négociation. Pour le président chinois, cette visite peut marquer un nouveau départ. Il a déclaré que la rencontre entre les deux dirigeants a été l’occasion d’améliorer les relations bilatérales en ouvrant la voie à un avenir meilleur basé sur une plus grande confiance mutuelle. Les sujets de contentieux étant nombreux entre Pékin et Séoul, cette visite a préparé le terrain a une normalisation progressive des relations bilatérales.

 

 

About Luc Duval

Diplômé en science politique et relations internationales de l'université Lyon III et de l'IRIS SUP', Luc s'intéresse notamment à l'Asie où il y a travaillé.

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