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Shocking : vers une disparition de la diplomatie britannique ?

 

Grande puissance indiscutable jusqu’en 1914, rentrée dans le rang aujourd’hui, il semble que le Royaume-Uni connaisse désormais un déclassement international inévitable, principalement en raison de choix politiques internes discutables.

David Cameron va-t-il finir d'enterrer l'influence diplomatique du Royaume dans le monde?
David Cameron va-t-il finir d’enterrer l’influence diplomatique du Royaume dans le monde?

La réélection en mai 2015 de David Cameron au poste de Premier Ministre ne doit qu’à un bilan économique jugé bon par une majorité de Britanniques. Après des années 2009 à 2011 extrêmement difficiles, le pays a retrouvé une croissance supérieure à 2%, accompagnée d’un chômage bien plus bas que les autres grands pays européens (5%), mise à part l’Allemagne. Dans le berceau du libéralisme, ces chiffres bruts masquent une réalité bien plus inquiétante, notamment en termes d’inégalités, ce à quoi les citoyens britanniques n’ont guère été sensibles.

Cependant, au plan international, le pays ne se signale guère par son existence. Il est loin le temps où Churchill réglait le sort de l’Europe avec les autres Grands en 1945. Aujourd’hui, malgré le maintien d’un poste de membre permanent aux Nations Unies, la diplomatie britannique est marquée par un suivisme unique dans l’histoire du Royaume. Jamais sur les grands sujets chauds (Syrie, Iran, Russie), David Cameron n’a exprimé une idée nouvelle, un plan capables de résoudre des situations de plus en plus périlleuses. Cela va de pair avec la réduction drastique du budget alloué à l’armée, qui rend désormais impossible toute intervention militaire, comme celles que la France a pu effectuer depuis deux ans.

L’Europe, le dernier sujet diplomatique qui intéresse les Britanniques

Suivisme, sauf sur un seul sujet : l’Europe. L’Europe est devenue désormais un défouloir permanent pour les Britanniques, qui n’attendent qu’une chose : quitter l’UE après un référendum maintes fois annoncé par le pouvoir. La victoire de D. Cameron aux dernières élections s’est aussi appuyée sur l’évolution de l’idéologie conservatrice à propos de l’UE, qui selon eux dessert plus le Royaume qu’il ne lui apporte. Néanmoins, vu d’Europe, un retrait britannique n’aurait pas autant d’impact que les Britanniques espèrent. En effet, les européistes les plus fervents ont bien compris que jamais un seul Britannique ne défendra autant le projet européen qu’eux-mêmes.

Objectivement, peut-on considérer qu’un abandon de l’UE par le Royaume-Uni signifie un déclassement pour le pays ? Difficile à dire, mais il n’y a que les eurocrates bruxellois pour croire que cela n’apportera que des problèmes aux Britanniques. Néanmoins, si cela va de pair avec un affaiblissement de l’axe historique Washington-Londres, alors le Royaume risque bien de devenir une puissance politique somme toute modeste. Il est bien loin le temps où les travaillistes voulaient faire du Royaume un pilier de l’avancée européenne. Pilier qui s’est fourvoyé en croyant pouvoir se rapprocher à la fois de Bruxelles et de Washington, cela étant symbolisé par l’échec cuisant en Irak en 2003.

Mais comme cela s’avère gagnant électoralement, pourquoi s’en soucier ? Les Britanniques eux-mêmes ne semblent guère concernés par la destinée grecque ou par un Nigeria, l’ancienne colonie, à feu et à sang. C’est peut-être cela aussi, le « modèle britannique ».

About Alexandre LIEBERMANN

Diplômé d'HEC Paris en 2014, actuellement économiste au sein d'un grand groupe pétrolier mondial. Coprésident de l'Association Les Yeux du Monde

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