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La politique étrangère de Nicolas Dupont-Aignan 

 

Après une première candidature en 2012, Nicolas Dupont-Aignan mène sa deuxième campagne présidentielle autour de son parti « Debout la France ». Il est l’un des rares candidats à mettre en avant dans son programme les questions liées aux Relations Internationales. Ainsi sur les quatre premiers thèmes abordés dans son projet présidentiel, nous retrouvons les affaires européennes, les affaires étrangères et le développement d’un grand partenariat entre la France et l’Afrique.

Nicolas Dupont-Aignan est souvent présenté comme un candidat anti-européen, or aujourd’hui ce n’est pas vraiment le cas. Cette réputation il la doit tout simplement à sa campagne de 2012 où il avait en effet proposé de quitter l’Union européenne. En 2017, le candidat qui se définit comme un « gaulliste social», propose de renégocier les différents traités européens et se rapproche ainsi de la position de Jean-Luc Mélenchon. De même, il n’est plus question de sortir de l’euro, mais de transformer cette monnaie unique en monnaie de réserve. Au niveau de l’échiquier politique français Dupont-Aignan se distingue de la droite traditionnelle, par ses positions « anti-libérales ». Dans cette mouvance, il souhaite une Europe des États plutôt que des États-Unis d’Europe et au niveau économique, il se dit opposé aux traités de libre-échange comme le TAFTA et le CETA. Concernant les marges de l’Europe, il possède deux avis très différents sur les relations à avoir avec la Russie et la Turquie.

Si concernant la Turquie, N. Dupont-Aignan propose de « mettre fin immédiatement » au processus d’adhésion à l’UE, il prône en revanche la fin du régime de sanctions contre la Russie. Un rapprochement avec la Russie qui accompagne une autre mesure de son programme, la sortie de l’OTAN au nom de l’indépendance de la France. Cette dernière est une mesure qui revient dans plusieurs programmes, elle est contestable, mais il ne faut pas oublier que la ré-intégration de la France au commandement militaire de l’OTAN ne date que de 2009. Enfin concernant la Russie, Dupont-Aignan se dit « en faveur de la neutralité de l’Ukraine qui doit devenir une zone de coopération euro-russe ». Une position difficilement tenable sur le moyen terme. En effet, nous ne pouvons pas exiger la neutralité d’un État démocratique. Si neutralité il doit y avoir, elle devra être consentante. En effet, comment obliger les Ukrainiens pro-UE ou les russophones ukrainiens à la neutralité ? C’est d’ailleurs cette situation qui a, en partie, mené l’Ukraine dans ses tourments actuels. Enfin, si N. Dupont-Aignan se présente comme anti-libéral et souverainiste en Europe, il propose des résolutions bien plus caractéristiques du libéralisme et de la « mondialisation» pour le développement de l’Afrique. Il évoque ainsi la mise en place d’un plan Marshall pour le continent africain, la mise en oeuvre d’un système comparable à l’OPEP pour les ressources agricoles ou encore la favorisation des échanges « Sud-Sud ».

Par rapport à 2012, Nicolas Dupont-Aignan a peu changé, mais son revirement européen fait de lui un candidat plus centré, moins extrémiste qu’en 2012. Sans prendre beaucoup de risques sur sa « nouvelle » position européenne, la fameuse Europe des Nations ou des États, il a le mérite de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas, notamment à droite. Encore critiquée il y a quelques années par les dirigeants d’Europe de l’ouest, cette politique est aujourd’hui de rigueur, comme l’ont montré A. Merkel et F. Hollande avec leur Europe « à plusieurs vitesses ». Une politique qui marque l’abandon (provisoire) d’un projet fédéral. Reste à savoir si Nicolas Dupont-Aignan arrivera à battre son score de 2012 de 1,8 %. Un récent sondage IFOP (03/2017) lui donne près de 5% d’intentions de votes.

About Fabien HERBERT

Fabien Herbert est journaliste. Passionné par les relations internationales et la géopolitique, il se spécialise dans les zones Moyen-Orient et Russie/CEI. Pour me contacter : herbert.fabien@gmail.com

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