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La politique étrangère de Nathalie Arthaud, Philippe Poutou et Jacques Cheminade

 

Ils étaient tous les trois déjà présents pour l’élection présidentielle de 2012, ces trois « petits » candidats remettent le couvert en 2017. Pour ce qui est de Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Philippe Poutou (NPA), leur bord politique est bien connu, c’est celui de l’extrême gauche, de l’anti-capitalisme et du communisme. Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) est lui aussi un candidat qui s’oppose au monde de la finance et dont la mesure phare est la séparation des banques. Ces trois candidats sont bien plus connus pour leurs positions sur la société et l’économie, que pour leur vision des Relations Internationales, elle-même peu travaillée dans leur programme. Nous allons donc vous en présenter les principaux points.


Nathalie Arthaud, candidate du parti d’extrême-gauche « Lutte Ouvrière », est la seule qui se définit comme « communiste ». Une position qui est évidemment évocatrice en terme de politique étrangère, puisque comme indiqué dans son programme elle se revendique de l’internationalisme. Pour rappel, « l’internationalisme repose sur l’idée fondamentale que le prolétariat ne peut s’émanciper du pouvoir de la bourgeoisie et réorganiser l’économie qu’à l’échelle internationale. ». Ainsi, Nathalie Arthaud critique largement l’économie mondialisée et l’impérialisme financier. Si cet internationalisme a longtemps existé à travers l’influence soviétique, aujourd’hui il est peu probable de voir de telles alliances au niveau gouvernemental et ce même dans les derniers bastions communistes que sont la Chine et la Corée du nord.

Le second candidat catalogué extrême-gauche, Philippe Poutou (NPA), ne se définit pas comme communiste, mais comme « anti-capitaliste ». En terme de politique de défense, il souhaite mettre un terme à l’état d’urgence, mis en place depuis les attentats du 13 novembre 2015 et préfère décréter un état d’urgence social. Pour lui la loi antiterroriste de 2016 a « donné des ailes à tous les racistes et aux courants politiques les plus réactionnaires ». Au niveau de la politique étrangère, peu de points sont abordés dans son programme, si ce n’est la position sur le conflit israélo-palestinien. Sur cette question, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste prend position en faveur du camp palestinien dans la tradition de l’extrême-gauche française.

Enfin, Jacques Cheminade, candidat du parti Solidarité et progrès, a un cheval de bataille : la séparation des banques de détails et des banques d’investissements. Cet engagement résonne dans son programme de politique étrangère, lui-même porté sur des thématiques économiques. Comme François Asselineau, « le candidat du Frexit », Jacques Cheminade souhaite en finir avec l’Euro et l’Union Européenne. Mais contrairement au candidat de l’UPR, se retrait de l’U.E ne se ferait pas dans un but « souverainiste », mais plutôt pour créer une nouvelle Europe qui fonctionnerait dans l’intérêt des peuples. Jacques Cheminade considère qu’aujourd’hui l’Euro est le « relais régional de la dictature financière mondiale ».

Les candidats présentés dans cet article ont donc la finance et « le grand capital » pour ennemi commun. Un sacerdoce qui les guide également dans leur politique étrangère, puisqu’à raison, la possibilité de combattre la finance ne peut se faire qu’à l’échelle internationale. Malheureusement pour ces candidats, de telles alliances aujourd’hui ne semblent pas pouvoir émerger dans un cadre de gouvernance.

About Fabien HERBERT

Fabien Herbert est journaliste. Passionné par les relations internationales et la géopolitique, il se spécialise dans les zones Moyen-Orient et Russie/CEI.

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