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Journée internationale contre les essais nucléaires

 

En votant à l’unanimité la résolution 64/35 le 2 décembre 2009, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 29 août la Journée internationale contre les essais nucléaires. Son but est de « sensibiliser aux effets des explosions d’armes nucléaires et autres explosions nucléaires et à la nécessité d’y mettre fin ». Durant la Guerre froide, ces tests étaient l’occasion pour un État de rendre public sa maîtrise de la technologie de l’atome. Aujourd’hui, cette pratique est décriée, et la communauté internationale travaille pour y mettre fin.

Photo du premier test nucléaire ayant eu lieu le 16 juillet 1945 (Bombe Trinity, États-Unis)

Le premier essai nucléaire a eu lieu aux États-Unis, le 16 juillet 1945. Dans le cadre du projet Manhattan, une bombe à fission baptisée Trinity fut déclenchée au Nouveau-Mexique. Depuis, plus de 2000 essais ont été recensés par l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. En tête du classement on a les États-Unis (1032 tests), et l’ex-URSS (715), loin devant la France (210) et le Royaume-Uni (45).

Il est possible de distinguer quatre types d’essais nucléaires, en fonction du lieu choisi pour la détonation :

  • Essais atmosphériques ; considérés comme les plus nocifs pour l’environnement à cause de la dissémination des retombées nucléaires.  Cette pollution peut atteindre des territoires très éloignés de la zone de test.
  • Essais souterrains ;
  • Essais extra-atmosphériques ;
  • Essais sous-marins ;

Dans un premier temps ces essais étaient jugés nécessaires par la communauté scientifique, et par des hommes politiques. Cependant, au fil des années ils ont été de plus en plus critiqués. L’essai américain Castle Bravo, du 1er mars 1954,  a été un véritable déclic. Les particules radioactives ont causé de nombreuses maladies, et ont contaminé de nombreuses zones proches de l’atoll de Bikini (Îles Marshall).

Où en est la législation internationale concernant les essais nucléaires ?

Le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires fut signé le 5 août 1963. Ce texte interdit les essais réalisés dans l’atmosphère, l’espace extra-atmosphérique et l’eau. Trois des quatre États nucléaires de l’époque – les États-Unis, l’URSS et le Royaume-Uni – le ratifièrent aussitôt.

Pendant de longues années, deux puissances nucléaires ont refusé de le signer, et par conséquent d’en respecter ses dispositions : la Chine et la France. La France continua ses tests atmosphériques jusqu’en 1974, notamment en Polynésie française. La Chine y mit un terme en 1980. Bien que ces deux pays respectent aujourd’hui les dispositions du Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires, ils ne l’ont jamais signé.

Pour ce qui est des essais souterrains, ils ont été d’actualité jusqu’à la signature du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), le 24 septembre 1996. Néanmoins, le TICEN n’est toujours pas entré en vigueur car huit États – dont la Chine, les États-Unis, l’Iran ou encore Israël –  ne l’ont pas ratifié. Actuellement, rien ne laisse présager que le TICEN entrera rapidement en vigueur. Pour les défenseurs d’un monde sans arme nucléaire, cela représente pourtant une étape nécessaire pour obtenir dans un futur lointain un désarmement complet. Pour l’heure, quand on parle de l’arme nucléaire, la communauté internationale se focalise plutôt sur la Corée du Nord. Le pays de Kim Jong-un est en effet responsable du dernier essai nucléaire répertorié. Les ambitions nucléaires du pays ne sont donc plus un fantasme, mais bien une réalité.

About Sophie GUILLERMIN-GOLET

Étudiante à Sciences Po Bordeaux (Bordeaux International Relations Degree), passionnée par les questions géopolitiques.

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