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Géopolitique du rugby

 

A l’occasion du lancement de la Coupe du Monde de rugby le 9 septembre, en Nouvelle-Zélande, nous allons essayer de voir s’il existe vraiment une « géopolitique du rugby », pour un sport qui, comme le football, est né en Occident.

Vingt équipes vont donc s’opposer durant un mois et demi sur les terres de la « superpuissance » rugbystique, la Nouvelle-Zélande. Beaucoup se demandent comment une île de quatre millions d’habitants (soit seize fois moins que la France…) peut  générer autant de bons joueurs. Une réponse à cela : le rugby, sport inventé dans la ville du même nom, au Royaume-Uni, par l’étudiant William Webb Ellis, a séduit à la fois les Britanniques ayant colonisé l’île, de même que les « autochtones », les fameux maoris, dont la culture guerrière, mêlée avec un activisme politique plus contemporain, a contribué au développement du rugby parmi les différentes populations. Le rugby y est vecteur d’unité nationale (comme le football l’est au Brésil), où Maoris et Blancs cohabitent au début du match lors du haka, et est perçu par tout le pays comme le véritable moyen de montrer au monde que la Nouvelle-Zélande n’est pas qu’une petite île placé tout en bas à droite des planisphères.

L’un des derniers sports fondamentalement occidentaux

Mais ce qui frappe, aussi, lorsqu’on regarde l’ensemble des participants des Coupes du Monde, est le cloisonnement géographique de ces pays. Quatre pays européens (Royaume-Uni, France, Irlande Italie), un seul véritable pays africain (l’Afrique du Sud), un pays latino-américain (l’Argentine), et le continent océanien forment l’ensemble des régions dans lesquelles on peut parler d’une véritable culture rugby. Nulle exportation vers l’Asie (mis à part le Japon), vers l’Europe de l’Est (Roumanie et Russie –et encore- mises à part). L’Afrique y est étrangère, l’Amérique a préféré d’autres sports. Le bilan est sans appel : la mondialisation du rugby est un concept totalement hors de propos ! Pourquoi ? Car il est plus facile de jouer au football, au base-ball… qu’au rugby.

Cependant, le rugby se popularise, c’est un fait. Il est loin le temps où il n’était pratiqué que par les élites britanniques dans les grandes universités du pays, car beaucoup de pays avaient bien avant inventé des formes proches du rugby.

Enfin, on retrouve les concepts classiques de la mondialisation : l’opposition centre-périphérie, l’opposition Sud-Nord. Ou plutôt un faux Sud, sans pays émergent, mais bien avec une culture occidentale…

About Alexandre LIEBERMANN

Diplômé d’HEC Paris en 2014, actuellement économiste au sein d’un grand groupe pétrolier mondial. Coprésident de l’Association Les Yeux du Monde

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One comment

  1. Pour l'Afrique vous oubliez la Namibie. (A part si vous considérez que la Namibie n'est pas un véritable pays africain)

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