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L’énergie en 2011 : où en est-on ? (2/3)

 

Qu’en est-il pour les autres sources d’énergie ?

Les Etats-Unis produisent de plus en plus de gaz « non-conventionnels », ce qui éveille l’intérêt du monde entier. D’autres pays comme l’Australie, l’Inde ou la Chine recherchent également de ce côté-là. On estime que l’on dispose de 130 ans de ressources en gaz conventionnels (donc sans compter les gaz non-conventionnels). En tout cas, grâce à leurs dernières découvertes, les Etats-Unis ont pu réduire leurs imports de gaz, ce qui a évidemment un impact sur les marchés mondiaux du gaz. N’oublions pas non plus l’importance du GNL (gaz naturel liquéfié), conduisant à une baisse progressive des cours du gaz. Résultat : le prix du gaz signé lors de contrats à long-terme entre l’Europe et la Russie (sur la fourniture du gaz russe) a été revu lui aussi à la baisse.

Au contraire, les prix du charbon sont à la hausse, à cause principalement de la hausse de la demande indienne et chinoise. Même si ces deux pays sont deux grands producteurs quasiment autosuffisants en charbon, leur croissance économique est si forte qu’ils se doivent de diversifier leurs sources d’approvisionnement. La quantité de charbon qu’ils vont importer sera telle que cela pèsera gravement sur les cours du charbon mondiaux.

Que peut-on attendre à long terme ?

Dans l’édition 2010 de ses Perspectives de l’énergie mondiale, l’AIE souligne que les perspectives énergétiques des vingt-cinq prochaines années dépendent fortement des politiques gouvernementales mises en pratique, et comment des politiques qui touchent la technologie, le coût des services énergétiques et le comportement des consommateurs. Selon le scénario de l’AIE (celui qui prend en compte une continuité dans les politiques prises par les gouvernements), la demande en énergie primaire augmentera de 47% d’ici à 2035. Les énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) resteront dominantes, malgré le poids pris par les énergies renouvelables. La demande en pétrole augmentera par exemple d’un quart, celles de charbon et de gaz de moitié. Les pays émergents représenteront 90% de cette hausse, si bien que l’OCDE représentera un tiers de la consommation mondiale, contre 42% aujourd’hui. La Chine y sera pour beaucoup (sa demande doublera). Rappelons également qu’en 2010, la Chine est passée devant les Etats-Unis comme première consommatrice d’énergie dans le monde.

On comprend bien que le paysage énergétique mondial dépendra donc des facteurs régissant la demande énergétique chinoise (croissance économique, choix politiques du PCC…). Résultat, on consommera 105 millions de barils de pétrole par jour en 2035, contre 88 aujourd’hui. Au contraire, en OCDE, la consommation diminuera grâce à l’amélioration de l’efficacité des véhicules.

About Alexandre LIEBERMANN

Diplômé d'HEC Paris en 2014, actuellement économiste au sein d'un grand groupe pétrolier mondial. Coprésident de l'Association Les Yeux du Monde

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