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Les BRICS, c’est pas du béton! Les pays émergents en difficulté

 

On ne sait plus sur quel pied danser. Les Occidentaux goûtent à nouveau les fruits d’une croissance surprise tandis que les émergents en recrachent les noyaux. En résulte une croissance du PIB mondial étale pour 2013, à 3,2% selon les prévisions du FMI. Dans l’euphorie générale des pays de l’OCDE, y compris le Japon, les pays émergents titubent face à une double difficulté : le ralentissement de leur croissance et l’effondrement de leur monnaie.

Selon la Banque mondiale, avant 2008, la croissance du panel des pays émergents était de 7,5% en rythme annuel : elle est de 5,5% pour 2013. Au Brésil, les 7,5% de 2010 sont bien loin des 0,9% de 2012. En Inde, le taux plafonne aujourd’hui à 3,2% contre plus de 10% en 2010. La croissance russe en 2013 ne dépassera pas 2,3% et le gouvernement turc compose avec une croissance à 2,2% après les 8,8% atteints en 2011. Enfin, la Chine voit ses taux de croissance fondre au soleil : 10,4% en 2010, 7,5% prévus en 2013. Les causes de ce ralentissement ne sont pas uniquement cycliques et la reprise aux USA (et potentiellement en Europe) risque de ne pas régler la situation. Pour quelles raisons ?

–          La hausse des coûts salariaux affaiblit drastiquement la compétitivité. En 2015, les coûts moyens de l’industrie américaine ne seront que de 5% plus élevés qu’en Chine selon une récente étude du cabinet BCG.

–          Les pays émergents restent fortement dépendants de l’évolution du cours des matières premières, comme en Russie (gaz) ou au Brésil (café arabica ou produits agricoles). Or nous ne sommes plus dans une période de forte envolée des prix des matières premières.

–          Les taux d’endettement de ces pays, élevés, inquiètent les investisseurs et les gouvernements qui commencent à corriger le tir (la lutte contre le shadow banking en Chine).

–          Des problèmes structurels existent dans chacun de ces pays en particulier le manque d’infrastructures comme les transports au Brésil, en Turquie (source des manifestations de 2013).

L’autre versant du problème est la chute des taux de change (hors Chine). En deux mois, la livre turque s’est dépréciée de 9% par rapport au dollar ; la roupie indienne a dévissé de 10,5% depuis juin. Les inquiétudes quant à la croissance et le rétablissement des taux d’intérêt à long terme aux USA (fin de la politique expansionniste de la Fed à venir) engendrent un retrait des investisseurs à la recherche de placements sûrs. Le cercle vicieux est enclenché : la dépréciation des monnaies alourdit la facture des importations donc l’inflation et creuse les déficits commerciaux abyssaux de nombreux pays émergents (fort besoin en produits de consommation et matières premières) ; la fuite des capitaux et la hausse du déficit commercial engendrent un déficit de la balance courante qui endette le pays, ce qui ne manque pas d’inquiéter les investisseurs.

Ces deux problèmes économiques deviennent un défi social : du ralentissement de la croissance et de l’inflation naissent les manifestations des classes moyennes qui s’appauvrissent et des pauvres qui ne peuvent plus s’enrichir.

About Grégoire HALLIEZ

est étudiant à Audencia Nantes après une classe préparatoire économique et commerciale au Lycée du Parc (Lyon).

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