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Focus : L’Indonésie et le détroit de Malacca

 

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L’Indonésie est un pays composé de 248 millions d’habitants, le 4ème pays le plus peuplé du monde, situé au cœur d’un ensemble maritime vaste entre l’océan Indien et l’océan Pacifique. Il s’agit de la 16ème économie mondiale avec 868 milliards de dollar en 2013 et dispose d’une croissance supérieure à 5% depuis 2004 si l’on excepte l’année 2009 où la croissance s’élevait à 4,6%. Avec ses 13 466 îles, cet espace transcontinental est également le plus grand archipel du monde. Les eaux territoriales indonésiennes représentent une zone convoitée, par la Chine notamment, pour leurs gisements de gaz en eaux très peu profondes. L’Indonésie détient le détroit de Malacca, l’un des points de passage les plus importants du commerce international dont la largeur est de 2,8 kilomètres au minimum entre Singapour et l’île de Sumatra. Ce couloir maritime long de 800km est un point de passage essentiel qui relie le Moyen-Orient à l’Est de l’Asie. On considère qu’environ 300 navires y passent chaque jour, faisant de Malacca une zone vitale pour de nombreux pays. En effet l’approvisionnement en énergie de nombreux pays riverains de la mer de Chine passe par ce droit de Malacca.

Malacca et la piraterie maritime

Ainsi, Malacca est une zone géopolitique sous tension dans laquelle se disputent les intérêts étatiques de différents pays. De plus, au-delà des Etats eux-mêmes, il faut noter la présence de groupes islamistes susceptibles d’organiser des attentats mais aussi des pirates qui organisent fréquemment des attaques. Ces derniers sont implantés à Malacca et on peut parler ici d’une « culture de la piraterie » puisque 30% des attaques pirates mondiales ont lieu dans les eaux indonésiennes. La sécurité des côtes indonésiennes est donc devenue une priorité pour l’Indonésie afin de garantir ses intérêts mais aussi sa légitimité. Pour cela, un organe a été mis en place : Le Centre régional de la piraterie (ReCAAP) en partenariat avec la Malaisie et les Philippines. Contrairement à d’autres zones du globe où la piraterie s’est développée comme en Somalie, dans le cas de l’Indonésie, les prises d’otages se font rares. Les pirates se sont organisés autour de chefs locaux et forment des groupes. De plus, une autre pratique apparait : celle du mercenariat. Celle-ci implique des pirates qui sont recrutés pour une occasion spéciale, de grande envergure. Cependant, ces attaques se font rares car elles sont plus compliquées à mettre en place. C’est pour cela que les cibles les plus fréquentes restent les bateaux plus modestes comme les petits remorqueurs qui sont plus lents et plus bas. La pauvreté d’une grande partie de la population indonésienne est sans doute à l’origine de ces actes de pirateries qui permettent aux responsables de s’enrichir grâce aux richesses volées. On peut donc déduire que pour l’Indonésie l’enjeu se situe dans la poursuite de sa politique de sécurité. Mais si pour le moment les constatations débouchent d’avantage sur un déplacement du problème vers la Malaisie et vers d’autres îles indonésiennes comme l’île de Batam, le développement des patrouilles et du savoir-faire de l’Indonésie dans cette lutte montre des efforts intéressants. Cet enjeu a un coût important mais permet également de s’assurer un développement économique puisqu’aujourd’hui 90% du transport mondial se fait par voie maritime. L’Indonésie se doit donc de se montrer capable d’assurer elle-même la sécurité de ses espaces maritimes puisqu’en 2020 on estime que 80% du pétrole du Moyen-Orient passera dans cette zone.

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