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La Corée du nord, « système le plus avantageux au monde ? »

 
La Corée du nord s'engage progressivement dans un processus de réhabilitation de sa crédibilité sur la scène internationale.
La Corée du nord s’engage progressivement dans un processus de réhabilitation de sa crédibilité sur la scène internationale.

Cette citation extraite d’un rapport publié par un organisme nord-coréen en septembre dernier a de quoi surprendre. Cible historique de la communauté internationale pour ses violations répétées du droit international, la Corée du nord semble cependant avoir engagé récemment un tournant dans sa politique étrangère. Énième soubresaut ou réelle prise de conscience ?

Une puissance nucléaire prête à négocier

La capacité nucléaire du pays est indiscutable. Révélée en en 2002 par les services américains, elle fait de la Corée du nord une puissance déclarée et le pays multiplie depuis 2006 les essais militaires, alors que la communauté internationale multiplie les sanctions. Pourtant, le 3 octobre dernier, le représentant de la Corée du nord à l’ONU à Genève est sorti de son silence, affirmant que son pays est prêt à réengager des discussions à 6 (Chine, Corée du nord, Corée du sud, États-Unis, Japon, Russie). Initiées en 2002 mais jusque là basées sur un échec, elles prévoyaient en contrepartie de l’arrêt du programme militaire, l’attribution d’une aide alimentaire au pays, frappé par la misère. Cependant depuis, l’État entretient l’ambigüité. Alors qu’un prisonnier américain a été libéré le 21 octobre dernier, l’information selon laquelle le pays aurait la capacité de fabriquer une tête nucléaire a été révélée un jour plus tôt.

Vers un nouveau dialogue avec la Corée du sud ?

Une nouvelle étape a été franchie lors de la visite exceptionnelle des responsables nord-coréens à Séoul au début du mois. Les deux parties se sont engagées sur la voie de l’ouverture d’un dialogue, voire d’un rapprochement entre les deux péninsules. A l’issue de leur entrevue, elles ont notamment fait état de la tenue de consultations à la fin du mois. Cet évènement, qui fait écho aux multiples dégels des relations entre les deux États, et qui n’ont pour l’instant jamais débouché sur la fin définitive du conflit, a cependant été qualifié par le juge australien, Michael Kirby, de «miettes jetées à la communauté internationale ». Ainsi, si cette initiative semble faire état d’une réelle volonté du pays de rompre son isolement économique et politique, et d’ancrer définitivement l’armistice prononcé en1953 dans la réalité, il semble que ce nouvel élan se brise lorsqu’il s’agit d’engager une nouvelle orientation en matière de protection des droits fondamentaux.

Une situation des droits de l’Homme toujours critique

Plus de 80 000 prisonniers politiques et 200 000 disparitions. Les statistiques sont accablantes, malgré les multiples critiques de la communauté internationale. Pourtant, la Corée du nord est signataire des principaux traités de protection des libertés fondamentales tels que ceux encadrant les droits civils et politiques, ou encore les droits des femmes.

Mais la hiérarchisation par l’État des citoyens nord-coréens entre le « noyau », les « tièdes » et les « hostiles», engagée dès 1970 et adaptée depuis, rend complexe l’application égalitaire des droits fondamentaux tels que l’éducation, ou encore la liberté d’expression. Après de multiples tentatives dissuasives infructueuses, et un rapport de l’ONU de mars 2014 faisant état de crimes contre l’Humanité, l’heure serait à l’action. Une commission d’enquête présidée par Michael Kirby a publié un rapport en février dernier, exhortant l’ONU à engager des poursuites auprès de la Cour pénale internationale à l’encontre des dirigeants nord-coréens. Reste à savoir si cette fois-ci, le droit international prendra le pas sur les tensions diplomatiques.

 

 

 

About Marjorie GUIBERT

Etudiante en droit international, elle est rédactrice pour les Yeux du Monde depuis juillet 2014.

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