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Les guerres de l’opium ou le préambule de l’effondrement chinois (3/3)

 

Deux fois perdante de la guerre qui l’opposa au Royaume-Uni, la Chine mettra plusieurs décennies à se relever de sa chute: pour elle, la défaite aux deux guerres de l’opium ne signifia pas seulement l’adoption forcée de traités inégaux, mais aussi la perte de plusieurs territoires, de colossales indemnités de guerre à payer, et une prise de conscience soudaine, celle selon laquelle l’hégémonie de l’Empire de Chine, était peut-être finalement dépassée.

Cependant les effets des deux guerres de l’opium ne furent pas que négatifs pour l’Empire chinois : à la suite de la guerre et de l’ouverture forcée de la Chine au commerce extérieur, le pays commença à se moderniser, amorçant la construction de chemins de fer et de bateaux à vapeur à l’intérieur de son territoire, développant son industrie, et commençant à construire ses propres armes

Débutée en 1856 à la suite du non-respect du traité de Nankin, la seconde guerre de l’opium s’acheva avec une nouvelle défaite de l’Empire chinois ; dans cette défaite furent signés trois traités principaux : le premier remonte à 1858, au moment où la Chine, alors fortement affaiblie par une guerre civile dévastatrice accepta de négocier avec plusieurs des puissances occidentales ayant pris part à la guerre, soit en particulier la France, la Russie et les États-Unis : à travers ce traité, dénommé le traité de Tianjin, pas moins de dix ports chinois furent ouverts au commerce, mais la Chine dut aussi s’engager à payer de fortes indemnités de guerre aux vainqueurs, et à accepter l’entrée des voyageurs occidentaux jusqu’alors bannis des régions intérieures chinoises. Quelques mois plus tard, le commerce d’opium sera également légalisé, réamorçant la consommation d’opium à l’intérieur du pays et signifiant à nouveau pour la Chine, un fort déficit de sa balance commerciale. Fin 1858 un nouveau traité est signé avec la Russie, le traité d’Aigun, reconnaissant aux Russes les mêmes frontières que celles adoptées lors du traité de Nertchinsk en 1689, gage d’une nouvelle expansion du pays vers la Mandchourie, territoire où sera fondée en 1860 la ville de Vladivostok. Enfin en 1860, le traité de Pékin conclut la guerre, les Chinois finissant par accepter la validité du traité de Tianjin, reconnaissant la liberté de culte, et notamment chrétienne à l’intérieure de ses frontières, et concédant aux puissances occidentales de nouveaux territoires : à la suite du traité, la Russie poursuit son expansion à l’Est de l’Oussouri, le Royaume-Uni récupère le nord de l’île de Hong-Kong qu’il occupait jusqu’alors.

Mais les conséquences de ce conflit furent bien plus diverses : de ces deux guerres naquit la révolte des Boxers, une révolte initiée à l’encontre des étrangers venus s’imposer à l’intérieur du territoire chinois, et qui se terminera une fois encore par une défaite de la Chine, à l’encontre des puissances occidentales en 1901 : onze ans après, la dynastie Qing, à l’origine de cette révolte menée par l’un de ses souverains, l’impératrice Cixi succombera, proclamant par sa disparition la fin d’une époque et le début d’une nouvelle ère, celle de la République populaire de Chine.

About Boris HERTZOG

Boris HERTZOG est étudiant à Grenoble École de Management et rédacteur au sein de l'association Les Yeux du Monde depuis juin 2011.

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