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La Roumanie de Nicolae Ceaușescu : racines, chute et bilan (2/2)

 

Le 22 décembre 1989, le régime communiste s’effondrait en Roumanie. Trois jours plus tard, le dictateur Nicolae Ceaușescu et sa femme étaient fusillés, à l’issue d’une révolution dont le nombre de victimes et la violence continuent encore à marquer les esprits.

Révolution roumaine
Au cours de la révolution roumaine, qui dura du 16 décembre au 25 décembre 1989, pas moins de 1104 morts et 3321 blessés furent dénombrés, la majeure partie au sein de la capitale roumaine

Lorsque la révolution roumaine éclate le 16 décembre 1989, Nicolae Ceaușescu, alors dirigeant du Parti communiste roumain est au pouvoir depuis de nombreuses années : nommé secrétaire général du Parti Ouvrier roumain, ancêtre du Parti communiste le 22 mars 1965 à la place de Gheorghe Gheorghiu-Dej, celui-ci consolide peu à peu son autorité, se nommant tour à tour président du conseil d’État puis président de la République. La liberté laissée à la population s’affaisse progressivement, la censure opérée étant alors au moins aussi importante que le culte de la personnalité voué au chef de l’Etat. Le 16 décembre 1989, un pasteur protestant est expulsé par la Securitate à Timișoara, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et le début de la révolution roumaine.

En dépit de l’opposition virulente apportée par le régime, la contestation s’étend petit à petit à l’ensemble de la Roumanie, jusqu’à gagner finalement Bucarest : le 21 décembre 1989, une manifestation pro-régime est organisée par Nicolae Ceaușescu pour témoigner du soutien de la population envers le régime en place, mais la manifestation dérape et le rassemblement initialement prévu pour soutenir Nicolae Ceaușescu se transforme en une sédition massive à son encontre. L’armée est alors appelée pour réprimer le mouvement, en vain, puisque le 22 décembre 1989 le siège du Comité Central du Parti communiste roumain est gagné par la foule, obligeant Nicolae Ceaușescu et sa femme à prendre la fuite. A peine quelques heures après leur retraite, ceux-ci sont rattrapés, jugés, puis finalement exécutés après avoir été déclarés « coupables de génocide ».

Malgré le recul, nul n’est aujourd’hui en mesure de déclarer s’il s’agissait d’un coup d’Etat monté de toutes pièces ou non : dans la foulée de l’arrestation de Nicolae Ceaușescu et de sa femme, un parti politique formé d’ex-communistes accéda au pouvoir, le Front du Salut national, amenant avec lui son lot de promesses et de déclarations : exit le marxisme et longue vie à la démocratie, le 20 juin 1990, Ion Iliescu, fondateur du Front du Salut national remporte la première élection présidentielle de l’ère post-communiste, le libéralisme gagne peu à peu le pays.

C’est à l’aide de ce même libéralisme que la Roumanie aura finalement réussi à se développer : dès le début des années 2000, l’économie roumaine réalise son take-off, se déploie, appuyée par un taux de croissance en moyenne égal à +6,5% par an. La croissance est alors principalement tirée par les exportations, auparavant minimes, désormais tournées en grande partie vers l’énergie et le secteur agricole. Le 1er janvier 2007, la Roumanie entre dans l’Union Européenne, après plusieurs années de tractations.

Malheureusement, le miracle économique roumain fut de courte durée : en 2009, le PIB expérimente sa première contraction depuis près de sept ans, d’importants déséquilibres économiques apparaissent, la pauvreté finit par exploser.

About Boris HERTZOG

Boris HERTZOG est étudiant à Grenoble École de Management et rédacteur au sein de l’association Les Yeux du Monde depuis juin 2011.

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