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Une histoire du terrorisme : le terrorisme d’Etat (1/3)

 
L'assassinat de Marat, par Jean-Joseph Weerts (1883). Le 1er attentat de l'Histoire
L’assassinat de Marat, par Jean-Joseph Weerts (1883). Le 1er attentat de l’Histoire

Que signifie le terme « terrorisme » ? A cette question, les réponses sont multiples. L’article 421-1 du code pénal définit comme acte de terrorisme « toute entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ». Mais c’est mettre en arrière-plan un aspect essentiel : le but du terrorisme est également, et avant tout, politique. Protéiforme, il apparaît difficile de définir cette notion en prenant en compte ses multiples facettes. Raymond Aron écrit à ce sujet qu’ « on peut qualifier de terrorisme une action dont les effets psychologiques dépassent les effets physiques ». Il s’agit donc d’un acte spectaculaire et meurtrier par nature, mais moins meurtrier qu’une guerre ou une guérilla. Le terrorisme contemporain a bouleversé les conceptions traditionnelles concernant les rapports entre Etats. Une analyse historique permet de comprendre les mutations du terrorisme ainsi que ses enjeux actuels.

On peut concevoir l’assassinat politique comme l’ancêtre du terrorisme. Ces meurtres stratégiques sont fréquents dans l’Histoire. On pense naturellement à l’assassinat de Jules César en -44 avant J-C ou encore l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac en 1610. Ils ont un caractère politique, tout comme l’acte terroriste, mais, à la différence de celui-ci, visent des personnalités précises.

Le terme de « terrorisme » est employé pour la première fois en 1793, lorsque Charlotte Corday assassine Marat. Des esprits échauffés de l’époque révolutionnaire émerge l’idée de « terreur politique » qui sera votée à l’Assemblée le 5 septembre 1793. Le terrorisme d’Etat est alors légitimé au nom du salut public. C’est d’ailleurs le premier sens donné au mot « terrorisme » dans le Dictionnaire de l’Académie française de 1798 tandis que le terroriste est défini comme l’agent ou le partisan de ce régime de terreur. Il s’agit, comme le souligne Hannah Arendt, de « l’essence de la domination totalitaire ». En effet, que ce soient les régimes totalitaires fascistes, la terreur rouge russe de 1918 ou plus tard les escadrons de la mort commandités par les dictatures sud-américains dans les années 60 et 70, c’est au cœur même de l’état que le terrorisme existe.

Dans la 1ère moitié du XIX, trois actions terroristes font basculer dans l’ère contemporaine la violence politique : l’attentat raté de la rue Saint-Nicaise contre Bonaparte (1800), l’attentat du Boulevard du temple contre Louis-Philippe (1835), l’attentat d’Orsini contre Napoléon III (1858). Pour la première fois, des civils sont tués. Cela préfigure les modes opératoires du terrorisme moderne.

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