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La Réunification Allemande

 

Après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, le passage à l’Ouest est désormais autorisé et libre. Le 18 mars 1990, suite de la victoire aux élections de partis conservateurs en RDA, le parlement de RDA décide d’une réunification rapide. Ce processus est prévu dans la constitution de la RFA et le 23 août 1990, la RDA déclare unilatéralement son adhésion avec effet le 3 octobre 1990.

La Porte de Brandebourg illuminée pour la célébration des 20 ans de la Réunification.
La Porte de Brandebourg illuminée pour la célébration des 20 ans de la Réunification le 3 octobre 2010.

Les modalités sont fixées par le traité d’unification (Einigungsvertrag) signé à Berlin le 31 août 1990 et ratifié à l’Ouest et à L’Est le 20 septembre. De plus, un traité de paix des 2 (les deux Allemagnes) + 4 (les vainqueurs de la 2nde Guerre Mondiale) est signé à Moscou le 12 septembre 1990 et la souveraineté allemande est reconnue sur tout son territoire. La constitution de la RFA supplante celle de la RDA et le 14 novembre 1990 à Varsovie est fixée la frontière est-allemande avec la Pologne à la ligne Oder-Neisse. Le Deutsche Mark supplante l’Ost-mark le 1er juillet 1990 avec une parité très favorable de 1 :1 alors que l’Ost-mark valait peu. La transition des coopératives est-allemandes à l’économie de marché est confiée à la Treuhandanstalt siégeant à Berlin. Les dettes publiques sont réparties entre Etat fédéral et Länder de l’Est à partir de 1994, les entreprises publiques de transport et de télécom fusionnèrent entre 1989 et 1994.

La Réunification a eu des conséquences radicales, les Allemands la surnomment d’ailleurs « Die Wende » : le « tournant ». L’une des premières conséquences fut une migration massive d’est-allemand vers l’Ouest : 115 000 entre janvier et mai 1990, soit 2000 départs par jour selon la Communauté Européenne. Cette migration a presque conduit l’Est à l’effondrement économique. La RFA a aussi dû accueillir ces citoyens : entre novembre 1989 et mai 1990, 600 000 Allemands de l’Est et 350 000 Allemands venant d’autres Etats du CAEM sont passés à l’Ouest. Le taux de chômage est structurellement resté 10 points supérieur à l’Est par rapport à l’Ouest et la Treuhandanstalt a liquidé de nombreuses coopératives, donnant le sentiment aux Allemands de l’Est de « nettoyer » le marché régional pour l’arrivée des entreprises de l’Ouest. Aujourd’hui encore, le PIB des anciens Länder de l’Est représentent 65% du PIB de ceux de l’Ouest malgré les investissements fédéraux consentis.

Au total la réunification a coûté plus de 2 000 milliards d’euros à la République Fédérale et a eu des effets globalement bénéfiques. Le décollage allemand de cette dernière décennie a été très profitable à l’Est qui a pu voir son chômage passer de 18.7% à 10.3% en huit ans et les revenus bruts de ses foyers progresser de 11.4% de 2005 à 2011. 77% des Allemands de l’Est estiment que la réunification leur a été profitable contre 62% à l’Ouest qui estiment que l’Est a été le grand gagnant de la situation. On observe aujourd’hui un retour d’est-allemand partis faire leur vie à l’Ouest et revenant développer leur région natale, il y a même une certaine « Ostalgie » : une nostalgie des valeurs d’égalité de la RDA face aux inégalités du capitalisme sans toutefois nier le caractère dictatorial de l’ancien régime. L’Ouest a aussi pu apprendre de l’Est une certaine égalité professionnelle homme-femme notamment dans la gestion de la parentalité. Enfin la réunification est une histoire de générations : si la moitié seulement des Allemands de l’Est répondent se sentir chez eux en Allemagne fédérale aujourd’hui, ils sont 65% des jeunes de 14 à 29 ans à voir dans l’Allemagne fédérale leur patrie politique.

About Nicolas MOULIN

Nicolas Moulin est étudiant à Euromed Management après trois ans de CPGE ECS au lycée Pierre de Fermat. Membre de 2012 à 2013 de la commission SimONU , qui organise des simulations de négociation de type ONU et qui participe aux différents MUN européens et américains, il était responsable simulation et Think Tank au sein de cette commission. Zones de prédilection : Europe et Etats-Unis.

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