La crise asiatique de 1997, symbole d’une croissance trop exagérée ?
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La crise asiatique de 1997, symbole d’une croissance trop exagérée ?

 
l'ancien premier ministre malais Mahathir, qui avait un temps affirmé la responsabilité des étrangers dans al crise fianncière de 1997
l’ancien premier ministre malais Mahathir, qui avait un temps affirmé la responsabilité des étrangers dans al crise fianncière de 1997

Les Occidentaux ont été surpris par les excellents taux de croissance de bon nombre de pays du Sud-Est asiatique depuis 2008, alors qu’eux-mêmes traversent une période très difficile. Cette réussite incombe, certes, au modèle en place, mais également au fait que la grande majorité de ces pays a su tirer les conséquences du séisme financier survenu en 1997. Séisme, car la crise paraissait imprévisible. Néanmoins, rétrospectivement, on peut remarquer que bon nombre d’excès ont mis en difficulté l’Asie à cette époque.

La plupart des pays faisaient preuve d’un endettement chronique de leur secteur financier. Les investissements occidentaux, appâtés par les perspectives de croissance de la région, ont bousculé les équilibres économiques fragiles existants. Facteur aggravant, des monnaies, comme le baht thaïlandais, étaient « accrochées » au dollar américain, fluctuant donc de concert avec lui. La surévaluation des monnaies locales par rapport au billet vert a semé la tempête dans les places financières. La dévaluation est alors inévitable (30% pour le baht). Les investissements étrangers quittent donc le pays et le continent plus généralement, se destinant alors vers les hydrocarbures russes et la croissance latino-américaine. Et c’est à ce moment là que l’on peut lier les crises de 1997 et 2008, par leur caractère hautement spéculatif. Les pays locaux croyaient, à tort, pouvoir profiter d’une politique de l’argent facile, tellement les investissements étrangers étaient importants. Mais ceux-ci ont en réalité gravement mis à mal le modèle économique existant. Les dérives capitalistes sont alors inévitables : recherche de profits mais oubli de la rentabilité économique.

Quelle part détiennent les gouvernements locaux dans ce séisme ? Le véhément Premier Ministre malais Mahathir avait beau critiquer l’Occident pour ses investissements spéculatifs, force est de constater que la part apparait partagée. Accrocher sa monnaie à la seule monnaie mondiale de l’époque (le dollar) n’est évidemment pas sans risque lorsqu’on se trouve dans la position de pays dont la richesse économique provient essentiellement des exportations. Et pendant le séisme, peu ont relativement bien réagi, si bien que la crise monétaire et financière est devenu boursière, industrielle… Le recours au FMI apparait alors inévitable pour certains.

Mais c’est bien à partir de 1998 que l’écart entre les différents pays d’Asie est mis en exergue, entre ceux qui ont su rapidement sortir de la crise (les Dragons principalement), et ceux un peu plus faibles et en difficulté (les Bébés Tigres). Mais aucune catastrophe économique ne s’est réellement produite, au contraire, par exemple, de la crise d’insolvabilité des pays d’Amérique Latine pendant les années 1980. Mais la crise asiatique a permis plusieurs choses : une percée de la démocratie et une prise de conscience des méfaits de la spéculation. L’Occident l’a appris à ses dépens une dizaine d’années plus tard…

About Alexandre LIEBERMANN

Diplômé d'HEC Paris en 2014, actuellement économiste au sein d'un grand groupe pétrolier mondial. Coprésident de l'Association Les Yeux du Monde

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