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La politique étrangère sous le règne de la reine Victoria

 
Tableau de la Reine Victoria
Tableau de la Reine Victoria

Quand elle monta sur le trône en 1837, la jeune Victoria ne se doutait pas qu’elle ne le quitterait que 63 ans plus tard. Elle n’imaginait pas non plus que son pays deviendrait la première puissance économique du monde, maître des mers, riche d’un empire colonial immense, et initiateur du big-bang que fut la révolution industrielle. Pourtant, orgueilleuse, elle savait que son règne marquerait à jamais l’histoire du monde.

Et ce fut le cas : l’immense empire colonial qu’elle créa de toutes pièces, par son héritage et par quelques unes de ses conquêtes (victoire lors de la Guerre des Boers, partage de l’Afrique avec la Conférence de Berlin de 1884, comptoirs commerciaux un peu partout en Asie, nommée « impératrice des Indes » en 1876 …) brilla sur le monde.

Son règne fut  le zénith de la puissance anglaise et sa mort concorda avec le progressif déclin de ce que l’on appelait la pax britanica.

Justement, Victoria voulait la pax.  Dès le début de son règne, elle rencontra le souverain français, Louis Philippe, en 1843. La dernière fois  que les souverains français et britannique se rencontrèrent sur le continent, c’était en  1520 lors de l’entrevue du Camp du Drap d’or. François 1er souhaitait alors s’assurer du soutien du roi d’Angleterre, Henry VIII,  pour isoler Charles Quint. En somme, une alliance franco-anglaise pour isoler l’Allemagne. Victoria et Louis Philippe (puis Napoléon III) eurent le même désir.  Pourtant, à l’instar de leurs deux ancêtres, séparés par la frustration d’Henry VIII, déclaré perdant d’un duel à main nue amical contre François 1er, ils comprirent que leur entente géopolitique pouvait changer le monde. France et Angleterre s’engageront ensemble en Crimée et créèrent l’Entente Cordiale, pilier diplomatique du XXème siècle.

Victoria avait aussi cet hubris britanica, cet orgueil, cette fierté nationale, cette violence quand on intentait à l’honneur de son royaume. La Chine interdit l’usage d’opium au détriment de tous les intérêts commerciaux de Londres ? Elle s’expose aux guerres de l’opium (1839-1842 et 1856-1860). La Russie souhaite maîtriser les détroits du Bosphore et des Dardanelles ? Elle subit les foudres de l’armée britannique lors de la Guerre de Crimée (1853-1856).

Il existe de nombreuses anecdotes cocasses montrant la main de fer en diplomatie de cette grande reine. Si une seule devait être retenue, ce serait la suivante : en 1870, le président bolivien Mariano Melgarejo, agacé de la non-signature anglaise d’un traité, fit enduire de chocolat l’ambassadeur britannique en Bolivie et lui fit faire un tour de ville sur une mule avant de l’expulser du pays. L’impératrice, choquée par un tel déshonneur, décida d’envoyer une canonnière contre La Paz. Quand on lui fit remarquer que la capitale bolivienne était à 500km des côtes et à 4 000m d’altitude, la reine prit une carte du monde et effaça la Bolivie d’un trait en ajoutant : « La Bolivie n’existe pas ». Le résultat ? Jusqu’à la fin de son règne, le pays disparut des cartes britanniques.

About Grégoire HALLIEZ

est étudiant à Audencia Nantes après une classe préparatoire économique et commerciale au Lycée du Parc (Lyon).

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