La Guerre des Six Jours (1967)
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La Guerre des Six Jours (1967)

 
Le territoire israélien s’agrandit (X 4) après la victoire sur les Etats Arabes

La Guerre des Six Jours a marqué un tournant important dans les clivages entre Israël et les pays Arabes et a redessiné la carte du Proche-Orient.

Les tensions entre le monde arabe et Israël avaient auguré qu’un conflit pouvait se déclencher les années précédentes. Déjà, le Fatha de Yasser Arafat avait, dès janvier 1965, manifesté son animosité envers l’État d’Israël.

Les distensions en amont, accompagnées d’une information erronée fournie par l’URSS indiquant qu’il y aurait des troupes israéliennes à  la frontière syro-israélienne prêtes à renverser le pouvoir syrien, enveniment la situation. Tandis que Lévi Eshkol -Premier ministre israélien- et Itzhak Rabin -chef d’état-major- tentent de pacifier la situation, l’Égypte annonce le déploiement de son armée. Alors que bon nombre de ses troupes sont engagées dans la guerre civile du Yémen, Nasser, le président égyptien, prend l’initiative de demander que les troupes des Nations Unies se retirent du Sinaï et de Gaza le 18 mai 1967. Le 23, dans un discours à l’attention d’Israël, Nasser annonce ses intentions : « Nous ne tolérerons à aucun prix que le pavillon d’Israël transite par le golfe d’Aqaba.  Les juifs nous ont menacé de la guerre ; je leur répondrai ».

Les américains, alliés d’Israël, réclament l’apaisement des tensions ; il n’en sera rien. Le 26 mai, Nasser déclare que la destruction d’Israël est un objectif majeur et que « les États Arabes entourant Israël constituent un front militaire unique », ce qui le conforte dans son apparente assurance de vaincre l’ennemi.  Israël ne peut compter sur ses alliés et les américains annoncent que « la meilleure formule serait qu’Israël agisse seul». Une force internationale n’est pas prête à intervenir. Israël est poussé à agir sous peine de perdre face à la coalition des États Arabes. Itzhak Rabin, chef d’état-major de l’armée, reconnaîtra plus tard qu’Israël était préparé pour l’assaut dès le 18 mai, mais les Etats-Unis avaient déconseillé de passer à l’attaque et recommandé la prudence.

Le 5 juin 1967, Israël passe à l’action. Une grande partie des aviations égyptiennes, syriennes et jordaniennes, peu préparées à un assaut, sont rapidement détruites. Sur sa lancée, l’État hébreu profite de l’aubaine pour disputer la partie Est de Jérusalem, jusque-là occupée par les jordaniens. La Jordanie abdique rapidement, et le 7 juin c’est la Syrie qui est rudement prise à partie. Le 8 juin, l’Égypte, battue à plate couture, annonce sa capitulation. Le conflit s’internationalise et l’URSS vient au secours de la Syrie, un allié important. Les Etats-Unis rappellent alors Israël à l’ordre. Un cessez le feu est ordonné par les deux superpuissances qui prendra effet le 10 juin 1967, mettant un terme à cette guerre.

Cet affrontement a produit un écho qui s’est répercuté de manière durable sur la scène internationale. Israël est, depuis cette époque, une puissance forte du Proche Orient et un allié incontournable des Etats-Unis. La guerre éclair qu’a été celle des six jours aura  finalement participé à la naissance d’un conflit interminable symbolisé par la situation israélo-palestinienne actuelle.

About Raphaël DELLAVALLE

Raphaël Dellavalle est étudiant au département des Sciences de la Communication de l'Université de Malaga.

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One comment

  1. Israël n'a pas "profité de l'aubaine", elle a, malgré ses mises en garde, répondu avec succès aux attaques jordaniennes à l'époque sous conmandement égyptien! Enfin ce conflit avait déjà tous les ingrédients nécessaires à sa perpétuation et la guerre des six jours, sans l'influence néfaste de l'URSS aurait pût conduire à une paix générale!

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