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Histoire du Hezbollah

 
Le drapeau du Hezbollah
Le drapeau du Hezbollah

Alors qu’actuellement le Hezbollah se bat contre l’Etat islamique sur le territoire syrien, il convient de voir d’en apprendre plus sur ce groupe chiite soutenu par l’Iran.

La création du Hezbollah : la lutte contre Israël

Les origines du Hezbollah remontent à 1982 et l’invasion du Liban par Israël afin d’officiellement faire cesser les attaques palestiniennes de l’OLP qui étaient lancées depuis le Liban. En 1982, Israël atteint Beyrouth ce qui entraîne un mouvement de résistance mêlant différents courants de Beyrouth et des plaines de la Beka dans le sud du pays : la Résistance Islamique du Liban (RIL). Ce mouvement s’organise en premier lieu avec des milices chrétiennes et des mouvements communistes contre un même ennemi, Israël. Dès 1982 des attentats suicides ont lieu et à partir de 1983 ce mouvement se retourne contre les communistes et cherche à contrôler territorialement Beyrouth. Avec le retrait israélien, le mouvement s’installe solidement dans le sud du Liban. La Résistance Islamique du Liban se dote d’un pendant civil au printemps 1984 : le Hezbollah dont le but est officiellement dédié à la défense des intérêts sociaux et politiques de la RIL, est aussi chargé de mobiliser pour cette dernière et de désamorcer les menaces qui surgiraient face à elle sur la scène intérieure. La montée en puissance du Hezbollah se fait entre 1984 et 1990 avec le contrôle de Beyrouth. Durant ces années, un autre mouvement chiite le concurrence : Amal. La différence entre les deux se situe au niveau de leurs soutiens puisque le Hezbollah est soutenue par l’Iran alors qu’Amal l’est par la Syrie.

L’évolution de la stratégie (1990-2000)

Dès 1989 le Hezbollah a pour objectif de devenir un parti politique libanais donc il se dote d’un système politique propre avec un secrétaire général (Hassan Nasrallah), un conseil consultatif exécutif et de nombreux autres dirigeants. Après la guerre civile au Liban en 1990, le Hezbollah obtient du gouvernement libanais la possibilité de ne pas se désarmer en échange de la paix et de la lutte contre Israël. Le Hezbollah peut ainsi apparaître sur l’échiquier politique libanais comme le prouve l’élection en 1992 d’un député au Parlement et la première campagne aux élections législatives. En 1998 le Hezbollah se retrouve à la tête de nombreux conseils municipaux. Ce parti se maintient comme mouvement islamo-nationaliste prônant l’intégrité de la nation ce qui traduit une stratégie d’accommodation aux structures politiques libanaises. Le Hezbollah s’implique sur le territoire libanais dans l’élaboration et le fonctionnement de nombreuses institutions, telles que des écoles, des orphelinats, de centres agricoles, des hôpitaux, et des programmes sociaux en environnementaux. Au niveau militaire le groupe ne s’arrête pas d’attaquer Israël, il s’agit même d’un objectif qu’il s’est fixé puisque comme l’indique le manifeste du Hezbollah de 1985 « notre lutte ne prendra fin que lorsque cette entité, Israël sera éliminée ».  Ainsi, le Hezbollah dans les années 1990-2000 s’affirme au Liban.

Depuis 2000 : de la difficulté au retour du Hezbollah

Le début des années 2000 marque une accentuation de la pression internationale sur le Liban du fait notamment des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Ces derniers placent le Hezbollah dès 1997 sur la liste des organisations terroristes et appelle le Liban en décembre 2001 à « arrêter les activités terroristes du Hezbollah ». Sur le plan national, le Liban est toujours sous la tutelle syrienne (1989-2005) et les chrétiens maronites suivis par les druzes se dressent contre l’occupation syrienne alors que le Hezbollah la soutient toujours. En 2006, Israël envahit une partie du Liban lors de la guerre des 33 jours suite à la mort de 6 de ses soldats tués par le Hezbollah. Contrairement aux précédents conflits contre Israël, le Hezbollah n’est pas soutenu par les non-chiites qui l’accusent d’avoir déclenché une guerre qui a fait environ 1200 morts. Cependant, le Hezbollah arrive à en tirer profit car il lance un vaste programme de reconstruction des maisons détruites alors que le gouvernement libanais tarde à reconstruire les infrastructures du fait du manque de donations des pays occidentaux. Enfin, en 2011 le Hezbollah arrive au pouvoir en ayant la majorité au Parlement. L’éclatement en 2011 du conflit syrien touche directement le Hezbollah qui avait pourtant, en début de conflit, une position modéré où le mouvement refusait d’admettre son implication pour aider les forces de Bachar al-Assad. A partir de 2013 le mouvement assume son implication dans le conflit afin, selon lui, de lutter contre le péril salafiste. Actuellement le mouvement participe directement dans la lutte contre l’Etat islamique ce qui pourrait lui être profitable pour le futur. En effet au niveau international, le Hezbollah possède le même ennemi que les pays occidentaux, à savoir l’Etat islamique. Au niveau national le Liban subit des attentats d’origine salafiste et le Hezbollah apparaît comme une organisation plus ouverte et n’hésite pas à rappeler son ouverture avec les autres religions, notamment le christianisme largement présent au Liban.

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