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Al-Qaida, Etat islamique, Daech : précisions terminologiques

 
Non plus un djihad mais des djihads ?
Non plus un djihad mais des djihads ?

Les récentes victoires de l’Etat islamique en Irak et en Syrie, fortement relayées par les médias du monde entier, semblent avoir relégué au second plan Al-Qaida. Derrière ces deux organisations qui s’affrontent par des jeux d’alliances entre les groupuscules djihadistes, deux hommes tirent les ficelles : Ayman Al-Zawahiri et Ibrahim Abou Bakr Al-Baghdadi. Le premier est chef du commandement général d’Al-Qaida, organisation fondée par Oussama Ben Laden. Le second a renié son serment d’allégeance à Al-Qaida et s’est auto-proclamé calife le 29 juin dernier, annonçant ainsi la création d’un califat, en Irak et en Syrie, sur lequel règne son organisation, l’Etat islamique.

D’un côté, l’Etat islamique et un djihad circonscrit à une aire géographique ; de l’autre, Al-Qaida, référence idéologique du djihad global

La force de l’Etat islamique réside dans le fait que son djihad s’inscrit dans une réalité territoriale. L’organisation compte de nombreuses victoires militaires en Irak et en Syrie (grâce à un équipement militaire et des ressources financières importants). Sa stratégie de communication, très efficace, s’appuie largement sur les réseaux sociaux. Elle a réussi ainsi à attirer non seulement près de 15 000 djihadistes, mais également plusieurs chefs de guerre (en Afghanistan, Pakistan, Philippines, Algérie, Egypte) qui sont autant de pertes pour Al-Qaida. Néanmoins, la légitimité de ce califat est remise en cause.

Al-Qaida, au contraire, s’inscrit dans un djihad global qui a pu apparaître comme utopique pour certains, ce qui explique la scission avec l’Etat islamique. Néanmoins, l’organisation terroriste reste la référence idéologique et religieuse en la matière. Elle peut compter sur le soutien des talibans afghans et pakistanais et s’appuyer sur un réseau international solide, se composant de cinq branches régionales : AQSI (sous-continent indien), AQPA (péninsule arabique), AQMI (Maghreb), Al-Chabab (Somalie) et Al-Nosra (Syrie). D’autres groupuscules ont également fait allégeance à Al-Qaida sans pour autant devenir une branche officielle.

Et Daech alors ?

Daech (ou « Daesh ») est l’acronyme arabe de l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant). Dans la guerre médiatique que se livrent les organisations terroristes et les Etats occidentaux, la référence à « l’Etat islamique » pouvait laisser entendre qu’il s’agissait là d’un véritable Etat et prêter à confusion en amalgamant terrorisme et religion islamique. Les chefs d’Etat occidentaux ont donc peu à peu abandonné l’expression (et les médias ont suivi), au profit des acronymes EIIL, ISIL ou encore Daech. Plusieurs termes donc pour recouvrir une même réalité.

C’est une nouvelle page dans l’évolution du djihad qui s’ouvre en 2014 avec l’opposition entre ces deux mouvements. Toutefois, contrairement à ce que l’on aurait pu espérer, ces divisions ne semblent pas augurer un affaiblissement de l’idéologie.

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