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Rouhollah Khomeini – Biographie

 

Rouhollah Khomeini naquit le 24 Septembre 1902 dans le village de Khomeyn, dans une province de l’Est de l’Iran. Il fut élevé dans un milieu très religieux (son grand-père, son père et son grand frère étaient tous ayatollah) et matriarcal (son père est mort dans les 6 mois qui suivirent sa naissance, il fut alors élevé par sa mère et par une de ses tantes célibataires). En 1918, une épidémie de choléra sévit, emportant sa mère et sa tante. Il souhaite alors partir étudier à Nadjaf (située dans l’actuel Irak), mais le démembrement de l’empire Ottoman l’en empêche.

L'ayatollah Khomeini, portant le turban noir des descendants du prophète
L’ayatollah Khomeini, portant le turban noir des descendants du prophète
Il fait alors ses études à Ispahan, puis à Qom. En 1927, il obtient le titre d’ayatollah (le plus haut rang du clergé chiite), et porte le turban noir (signe qu’il est l’un des nombreux descendants du prophète). Il commence alors à enseigner à Qom : il est très estimé par ses élèves, à la fois pour ses compétences et son élévation morale, bien qu’autoritaire dans sa manière de délivrer le cours. Il publiera lors de sa carrière académique près d’une trentaine d’ouvrages concernant les sciences islamiques. Au cours des années 40, il commence ses critiques à l’encontre des religieux supportant le shah alors qu’il met en place des mesures de laïcisation. A l’époque, il est en contact avec l’ayatollah Sayyed Abolqassem Kashani qui s’oppose à la politique du shah. Toutefois, celui-ci soutiendra Mossadegh tandis que Khomeini se méfiera de son anticléricalisme. Il reste cependant encore discret sur la scène publique.

C’est en 1961 que le tournant se fait, lorsque Khomeini devient « marja-e taqlid » (modèle d’inspiration), c’est-à-dire le plus haut rang accordé à un ayatollah, qu’il devient une personne publique plus engagée. Il s’insurge contre l’occidentalisation de la société iranienne (laïcisation, droits des femmes). Lors de la « révolution blanche » menée par le shah, il écrit une lettre de protestation au shah et à son chef de gouvernement qui restera sans réponse. Il gagne en influence toutefois en développant ses liens avec les principaux responsables des bazars, plutôt conservateurs et opposés au shah, et avec les autres responsables religieux du pays. Le 3 Juin 1963, il prononce un discours dénonçant la subordination du shah à l’étranger, et notamment son alliance avec Israël.

Il est alors arrêté deux jours plus tard. Devant les manifestations et les grèves qui s’ensuivent, le gouvernement se voit obligé de le relâcher. En 1964, après des critiques à l’encontre de plusieurs mesures prises par le shah en faveur des américains, il est de nouveau arrêté puis expulsé d’Iran. Il commence alors un exil de 14 années, où il habitera successivement la Turquie, l’Irak puis la France. A partir de ces années-là, plus qu’une simple opposition au shah, c’est un changement de régime qu’il souhaite. Il estime que le pouvoir doit revenir aux oulémas, les plus aptes à faire le lien entre Islam et politique pour pouvoir appliquer la sharia. Depuis Neauphle-le-Château, il propage ses idées sous forme de cassettes audio, qui sont alors largement rediffusés en Iran et participe à l’agitation révolutionnaire. Le 16 Janvier 1979, le shah quitte l’Iran et le 1er Février, l’ayatollah Khomeini revient à Téhéran.

Le 1er Avril, la République Islamique d’Iran est proclamé : un système institutionnel unique, mêlant principes démocratiques et théocratiques. L’aile modérée des religieux, notamment avec la mort de l’ayatollah Taleghani en Septembre 1979, est progressivement réduite au silence. L’ayatollah Khomeini devient Guide suprême de la révolution, ce qui lui donne alors le rôle de superviser la politique générale de l’Iran. Dès le début, la relation avec les Etats-Unis se dégrade comme l’illustre l’affaire de la prise d’otages à l’ambassade américaine le 4 Novembre 1979. Khomeini est toutefois élu homme de l’année par le Times cette même année. Ses années de pouvoir seront marquées par la guerre Iran-Irak dont il se servira pour fortifier l’unité nationale et son régime. Il doit toutefois arrêter en 1988 les combats, lorsque la défaite iranienne parait inévitable et que ses soutiens s’érodent. En 1989, il lance une fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie pour ses « versets sataniques ».

Tombé malade en 1988, il meurt finalement le 3 Juin 1989. L’ayatollah Ali Khameini lui a depuis succédé au poste de Guide suprême.

About Léonard LIFAR

est étudiant à Sciences Po Rennes. Passionné d'histoire et de géopolitique, il est rédacteur pour les Yeux du Monde depuis Janvier 2014.

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