Une cryptomonnaie pour contrer les sanctions internationales : le Venezuela et l'Iran - Les Yeux du Monde

Une cryptomonnaie pour contrer les sanctions internationales : le Venezuela et l’Iran

Qui n’a pas encore entendu parler du Bitcoin, de son envolée spectaculaire, et du formidable attrait que cette monnaie suscite auprès des investisseurs, des spéculateurs, mais aussi  des trafiquants et criminels en tout genre ? Si certains pays, comme la Chine, ont interdit son utilisation pour protéger leur système financier d’une bulle spéculative imminente, d’autres pensent aujourd’hui à créer leur propre monnaie virtuelle, dans le but de contrer les effets des sanctions financières et économiques. C’est le cas du Venezuela, suivi de près par l’Iran.

Infographie : le Venezuela, l'Iran et les cryptomonnaies pour contrer les sanctions financières
Le Venezuela, l’Iran et les cryptomonnaies

Le Venezuela en manque de liquidité

Le Venezuela connaît depuis plusieurs années une grave crise économique accompagnée d’une inflation hors contrôle, et d’une vaste pénurie de biens de consommation courante et de médicaments. Le pays a décidé de tenter le tout pour le tout, et de proposer en prévente, l’équivalent de 2,3 milliards de dollars, en cryptomonnaie. Baptisée petro, cette monnaie est basée sur les réserves de pétrole du pays. Si le Venezuela en dispose, ce qui lui fait majoritairement défaut ce sont des liquidités.

Le lancement de cette monnaie, au-delà de chercher à limiter les dégâts de la crise économique, est un moyen de contourner les nouvelles sanctions financières adoptées par les USA à l’encontre du pays. Le 25 août 2017, Donald Trump a signé un décret interdisant l’achat d’obligations vénézuéliennes, dans le but d’asphyxier un peu plus le régime du controversé Nicolas Maduro. Malheureusement le manque de confiance des investisseurs étrangers envers une économie sur le point de s’effondrer et un gouvernement à bout de souffle aux tendances répressives, s’est répercuté sur la monnaie virtuelle, qui n’a pas enregistré de franc succès. Même à l’intérieur du pays, la monnaie divise. Les parlementaires vénézuéliens ont voté à l’unanimité l’illégalité du petro en janvier dernier. Le président Maduro a toutefois annoncé que le premier jour de la prévente du petro avait permis au pays de collecter 735 millions de dollars.

L’Iran reprend l’idée

Dans la foulée, c’est le ministre des technologies de l’information et de la communication iranien qui a annoncé travailler sur une crypto-monnaie pour l’Iran. Face aux menaces de Donald Trump de ne pas respecter les termes de l’accord sur le nucléaire si celui-ci n’était pas revu d’ici quatre mois, et de rétablir des sanctions économiques et financières, l’Iran avance ses pions et réfléchit à un moyen de consolider sa position.

Il reste à se poser la question de la volatilité d’une telle monnaie virtuelle. A l’instar de la monnaie fiduciaire (du latin fiducia : confiance) dont la valeur repose principalement sur la confiance que les utilisateurs portent aux institutions qui la gèrent, une cryptomonnaie, même virtuelle, n’en est pas moins rattachée au réel. Le gouvernement de Nicolas Maduro a décidé de lier la valeur du petro aux réserves nationales en pétrole, afin de rassurer les potentiels acquéreurs. Une cryptomonnaie iranienne serait-elle donc plus fiable si elle était contrôlée par la Banque Centrale d’Iran ? Quelles institutions et mécanismes pourront assurer la gestion de la monnaie une fois celle-ci émise ? Le gouverneur de la Banque Centrale d’Iran, qui en novembre 2017, alertait encore les investisseurs sur les risques liés aux cryptomonnaies, ne semble pas favorable à l’émission d’une cryptodevise souveraine.

Le principe d’une cryptomonnaie pour éviter les sanctions financières semble cependant faire des émules. Plusieurs pays, dont la Chine et la Russie, se penchent actuellement dessus.

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