Miguel Díaz-Canel président de Cuba : rassurer pour mieux régner - Les Yeux du Monde

Miguel Díaz-Canel président de Cuba : rassurer pour mieux régner

Depuis plusieurs mois circulait le nom de Miguel Díaz-Canel comme favori pour le poste de président de Cuba. C’est donc sans surprise et à la quasi-unanimité que l’unique candidat, cet ingénieur de formation, a été élu par le parlement le 19 avril 2018. Miguel Díaz-Canel, ancien vice-président du conseil d’État, prend donc la succession des frères Castro à la tête du régime cubain.

Carte de Cuba

Un héritier prudent ?

Si Miguel Díaz-Canel diffère de ses prédécesseurs dans le sens où il n’est ni militaire ni révolutionnaire, l’ancien numéro deux de l’exécutif est entré en fonction avec le soutien du président sortant Raul Castro. Son premier discours en tant que président, il le veut rassurant. Miguel Díaz-Canel assure vouloir poursuivre les réformes économiques initiées par Raul Castro.

La prudence a été le fil conducteur de sa carrière. Poussé par son protecteur à gravir les échelons du parti communiste, il a subsisté là où ses concurrents ont échoué. La prudence rythmera probablement ses débuts à la présidence, car Raul Castro n’est pas très loin. L’ancien président cubain reste en effet secrétaire général du Parti communiste de Cuba (PCC) au moins jusqu’en 2021.

Sous tutelle ou sous protection ?

Il reste donc à se demander si Miguel Díaz-Canel disposera d’une réelle marge de manœuvre dans sa nouvelle fonction ou si l’ancien président conservera un droit de regard, voire la mainmise sur les politiques. D’un autre côté, le fait que Raul Castro conserve son poste de secrétaire du parti unique sert de caution à Miguel Díaz-Canel. L’appui de Raul Castro lui donne une plus grande légitimité. Le nouveau président rencontrera donc probablement moins de résistance au sein du gouvernement, et sa position sera stable et assurée pendant les premières années. Cependant, cela suffira-t-il pour mettre en place les réformes économiques attendues par les Cubains ? Osera-t-il aller plus loin que son prédécesseur ?

Réformer l’économie sans s’éloigner du modèle communiste

Si Cuba bénéficie d’un indice élevé de développement humain grâce aux nombreux investissements de l’État dans les structures éducatives, culturelles et sanitaires, l’économie cubaine se remet tout doucement de 50 ans d’embargo. La balance commerciale du pays reste déficitaire, principalement à cause des importations alimentaires et énergétiques, et le pays utilise toujours deux monnaies. En 2011, Raul Castro avait initié l’actualisation du modèle économique cubain, c’est-à-dire l’ouverture de certains secteurs aux investissements privées, la diminution des subventions de l’État, et une réforme du secteur agricole. L’enjeu pour la présidence de Miguel Díaz-Canel réside donc dans cette position d’équilibriste qui consiste à réformer l’économie du pays, sans pour autant trop s’éloigner du modèle communiste.

 

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