98,83% des Soudanais disent « oui » à un 193ème pays - Les Yeux du Monde

98,83% des Soudanais disent « oui » à un 193ème pays

98,83% : c’est le résultat provisoire qu’a délivré la Commission électorale pour le référendum au Sud-Soudan. Dans cette consultation, s’étant déroulée du 9 au 15 janvier avec un peu plus de 3 850 000 votes,  99% de bulletins seraient favorables à la sécession chez les Soudanais de l’étranger, 58% chez ceux du Nord et enfin, très logiquement, 99,57% chez ceux du Sud. Les résultats définitifs devraient être officialisés début février, tandis que la mise en place de la sécession, elle, est prévue pour le 9 juillet de cette année. C’est tout de même une étape d’importance de franchie, même si peu doutaient de l’issue du référendum.

Les difficultés sont néanmoins toujours là. On connait déjà celles que devraient engendrer l’indépendance du Sud-Soudan pour lui-même, ou pour ses relations avec ses voisins, “Nord-Soudan” en tête. On commence seulement à entrevoir celles éventuelles qu’elle aurait pour le Nord lui-même. Ainsi, des étudiants se disant encouragés par l’exemple de la jeunesse égyptienne se sont révoltés contre les forces de l’ordre ce dimanche. L’avenir économique ainsi que la gestion du pays qui a mené à sa partition ne sont pas étrangères à cette démonstration de mécontentement contre le Président du Soudan, Omar-Al-Bachir.

Pourtant, ils sont nombreux ceux qui attribuent à ce dernier un immense mérite. L’ancien leader des rebelles du Sud de la seconde guerre civile, ensuite Président du gouvernement autonome du Sud-Soudan, Salva Kiir, a ainsi tenu à féliciter son ancien adversaire. “Omar Al-Bachir a pris la décision courageuse d’apporter la paix. Bachir est un champion et nous devons le soutenir” a-t-il déclaré. Il est vrai qu’il y a de quoi s’étonner : en octobre dernier, le Président Al-Bachir avait promis que le Soudan connaitrait des affrontements pires que ceux des guerres civiles précédentes, si le référendum ne prenait pas une bonne tournure. Lorsqu’on se souvient que ceux-ci avaient provoqué la mort de deux millions de personnes, il y avait de quoi être pessimiste : à ce propos, Salva Kiir avait demandé à l’ONU un déploiement de casques bleus à proximité de la frontière. Cependant, si rien de tel n’a été nécessaire jusqu’à présent, n’oublions pas que le processus n’en est qu’à son début. Ainsi, même si Al-Bachir a dernièrement promis des relations “fraternelles” avec son nouveau voisin, les difficultés ne vont pas manquer lors des prochains mois pour le faire revenir sur ses engagements.

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