Les Farc préparent leur reconversion sur le plan politique

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Les Farc et le président colombien se rencontreront en Norvège et à Cuba à partir du mois d’Octobre. La guérilla compte se muer en mouvement politique, 30 ans après son extension sur le territoire colombien.

C’est la quatrième fois en trois décennies que les Farc participeront à des pourparlers avec le gouvernement. Plus que le nombre de guérilleros que compte l’organisation, c’est son ancrage dans la population qui pose problème. Les Farc, à l’instar de la mafia, disposent d’un soutien social, qui, bien que moins puissant qu’auparavant, reste relativement important.

Cette reconversion ne pourra de toute façon pas se réaliser sans l’aval du peuple aux prochaines élections. Les Farc ont été un acteur politique, militaire et aussi criminel de la Colombie « oubliée », rurale, où l’Etat fut absent de longues années durant. Aujourd’hui, l’Etat a pris le pli et contrôle son territoire d’une meilleure façon. Sa force militaire et policière composée de 450 000 hommes, affiliée aux différents programmes de santé, de justice ou d’éducation procure la possibilité de signer un accord au meilleur des moments avec une guérilla affaiblie et qui paraît volontaire pour changer son action, jusque-là néfaste.

La gauche est minoritaire dans ce pays où l’on recense seulement deux partis : le Pôle Démocratique et les Progressistes. L’homme politique le plus en vue à gauche reste Gustavo Petro, le maire de Bogota (élu en 2011), ancien membre du M-19, une ancienne guérilla qui sévissait avant les années 1990. Les Farc doivent voir en G.Petro un espoir de reconversion réussie.

Cette reconversion dépend de la réussite des négociations, qui avant d’avoir commencé, ont déjà vu naître un différend entre les forces armées révolutionnaires colombiennes et le gouvernement.

Plusieurs heures après que les Farcs ont annoncé qu’ils demanderaient un cessez le feu lors du dialogue avec le gouvernement qui débutera le 8 octobre, en Norvège, le président colombien a réfuté cette idée. Juan Manuel Santos a fait savoir, qu’un cessez le feu ne serait envisageable que suite à la signature d’un accord et non avant.

Le président a décidé que les dialogues qui auront lieu à Oslo, n’empêcheront pas les autorités de continuer à poursuivre les Farcs dans le même temps.

Il y a une semaine, le président Juan Manuel Santos a déclaré qu’il cherchait à signer un accord qui mènerait à une sortie “négociée” du conflit avec la guerrilla la plus ancienne du monde occidental. Le revirement de situation concocté par les Farc est sûrement l’un des derniers espoirs de mettre un terme à un conflit jusqu’à présent “dans une impasse“.

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