Nicolas Maduro, autre chose qu’un second couteau ?

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Le « fils spirituel » d’Hugo Chavez vient donc de remporter les élections présidentielles vénézuéliennes, d’une courte marge par rapport à l’opposant H. Capriles. Alors que les défis socio-économiques laissés en héritage par le chavisme restent nombreux, il est difficile de dire aujourd’hui si N. Maduro paraît capable d’en résoudre une bonne partie.

Le premier obstacle pour N. Maduro est de taille : sa victoire aux élections ne s’est faite que de quelques dizaines de milliers de voix, montrant aisément la polarisation politique croissante du pays. Autant Chavez avait su faire taire l’opposition et obtenir le soutien d’une bonne partie de la population, autant l’unité, appelée de ses vœux par le nouveau Président, apparaît quasiment impossible. D’où une question : va-t-on rentrer dans une ère post-chaviste ? Ou Maduro sera-t-il autre chose qu’un dauphin désigné se contentant d’appliquer les préceptes chavistes, le charisme en moins, la moustache en plus ?

Ce faible écart renforce la possibilité d’un rôle plus important joué dans la vie politique par l’armée. En effet, le soutien des classes les plus pauvres et de tous ceux plus ou moins liés à PDVSA, ne suffira guère pour maintenir la stabilité politique.  Le constat est là : Chavez avait gagné contre Maduro de plus de 10 points, marge entièrement réduite suite aux élections d’hier.

Inflation, dépendance pétrolière, insécurité : trop de défis pour un seul homme ?

Certes, N. Maduro peut se targuer d’avoir été l’un des rouages essentiels de la machine chaviste depuis plusieurs années, étant notamment son ministre des affaires étrangères. Certes, il a démontré, depuis la mort de Chavez, qu’il possédait un charisme assez insoupçonné, moins enflammé que celui de Chavez, mais moins outrancier. On peut donc faire le pari que Maduro tentera de conserver son pragmatisme, et de s’inspirer, autant que faire ce peut, des réussites du chavisme. Mais face à une inflation supérieure à 30%, un déficit croissant de PDVSA et une insécurité criante, il faudra en montrer bien plus.

Au final, N. Maduro a tout à faire (y compris au sein de son propre parti et dans l’armée) pour démontrer qu’il est l’homme de la situation, et qu’il peut être plus qu’un dauphin tapi dans l’ombre. Le spectre de 2002, année où Chavez faillit être renversé par un putsch, pourrait rapidement resurgir si Maduro ne venait pas à convaincre dès les premiers mois.

 

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