Crise grecque : une tragédie sans fin ?

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La Grèce oscille depuis 5 ans entre réformes douloureuses et prêts de fonds pour combler sa dette.
La Grèce oscille depuis 5 ans entre réformes douloureuses et prêts de fonds pour combler sa dette.

5 ans après le début des bouleversements qui ont secoué le pays et malgré de nombreuses avancées sur le plan économique, la Grèce s’invite à nouveau au cœur de l’agenda international. Au centre des débats, les tensions entre le nouveau gouvernement d’Alexis Tripas en poste depuis janvier 2015 et la Troïka (BCE, FMI, Commission européenne) quant à la poursuite de l’aide internationale.

Un pays qui multiplie les réformes depuis 5 ans

« Les hommes en noirs » : qualificatif employé à l’origine par le Ministre des finances espagnol Luis de Guindos pour désigner les membres de la Troïka, véritable mère des finances de l’Europe. Leur première intervention dans la plus ancienne démocratie du monde remonte à février 2010. Cinq ans plus tard, ce sont plus de 380 milliards d’euros qui ont été prêtés aux gouvernements grecs successifs, pour tenter de remettre l’Etat sur pied.

La contrepartie ? On le sait désormais, coupes budgétaires et renversements de législations ont été les maîtres mots de ces 5 dernières années, puisant dans les ressources économiques et sociales d’un peuple grec, coupable pour certains, victime pour d’autres, des tromperies de leurs gouvernements quant aux finances du pays.

Début 2015, la dette publique grecque s’élève à environ 175% du PIB, le chômage concerne 25,6%% de la population active en mars 2015 , le PIB a chuté de 25% entre 2009 et 2014, et le courant anti-euro, voire anti-européen n’a cessé de croître au sein du pays. Pour autant, le retour à une croissance positive n’est plus un simple idéal, et les efforts consentis par le pays ont joué un rôle majeur dans les progrès constatés.

Des efforts jugés insuffisants par la Troïka

Malgré ces avancées, le pays et son gouvernement de coalition doivent encore convaincre. A 5 jours d’un possible défaut de paiement du pays, les réunions au sommet se multiplient,  entre Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Juncker, celui de la Commission européenne, Christine Lagarde, présidente du FMI et Alexis Tsipras. Invités à trouver un compromis, la Grèce et ses créanciers doivent présenter leurs propositions à l’Eurogroupe, composé des ministres des finances de la zone euro.

Pourtant, des points de friction persistent. Alexis Tsipras, dont le parti a été élu sur une mouvance d’indépendance économique et sociale par rapport aux institutions financières internationales, semble déjà avoir fait des concessions par rapport à son programme initial, mais ne peut concéder certaines mesures au risque de se décrédibiliser politiquement. Coupes dans les retraites, hausse de la TVA sont au programme pour permettre à Athènes de bénéficier d’une rallonge de 7 milliards d’euros. Les créanciers souhaitent ainsi voir augmenter certains taux de TVA, dont ceux sur les îles touristiques ou encore sur l’électricité, ce qu’Athènes aurait refusé, mais espèrent aussi voir supprimé le système des préretraites et diminué les pensions considérées comme étant les plus élevées.

Quelle que soit l’issue des négociations, cet énième regain de tensions ne fera probablement que creuser le fossé entre la Grèce et l’Union européenne.

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