Rétrospective 2012 : Un an et neuf mois de guerre civile en Syrie

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Difficile de dater le début du conflit en Syrie. On peut néanmoins s’accorder, par facilité, sur le 15 mars 2011, date du début des manifestations (encore pacifiques) pro et anti Bachar El Assad. Cela fera donc bientôt deux ans que le pays a sombré dans l’instabilité, la division et, disons le, l’horreur.

Ne revenons pas ici sur la chronologie des victoires/défaites des deux camps, ni sur une longue énumération des massacres qui ont jalonné l’année 2012 en Syrie. Attardons nous plutôt sur 3 éléments clés de 2012 pour comprendre le conflit syrien.

1 – L’internationalisation limitée du conflit

C’était la crainte de tous les analystes, une diffusion de l’instabilité et du chaos à partir de la Syrie. Cette contagion, bien réelle, reste somme toute limitée. Certes, El Assad est abreuvé d’armes iraniennes. Certes, il est avéré que des combattants chiites du Hezbollah traversent la frontière libano-syrienne pour mater les rebelles. Certes, des milices sunnites libanaises se sont probablement mises à faire la même chose au profit des rebelles. Mais pour l’instant, le pays du cèdre n’a pas sombré dans le chaos, et la Syrie ne fait office que d’exutoire pour les sunnites et les chiites libanais.

2 – L’organisation de l’opposition autour d’un chef

C’est un tournant majeur dans le conflit. Certes, le choix de Maaz Al-Khatib comme tête de l’opposition peut être discuté, et son autorité reste limitée et contestée. Pour autant, la figure reste suffisamment fédératrice pour regrouper, ne serait-ce que partiellement, les forces rebelles. De plus, la nomination d’un leader, quand celui-ci est reconnu par les puissances étrangères, permet une aide occidentale : on ne fournit plus des armes à des rebelles, mais à un gouvernement légitime en lutte contre un tyran. Pure argutie sémantico-diplomatique, mais fait d’une extrême importance pour les nations occidentales, pétries de légalisme international.

3 – La mise en place des conditions d’une intervention

Il reste impossible à dire si les nations occidentales interviendront en Syrie. Néanmoins, elles ont, tout au long de l’année, affuté leurs arguments. Intense jeu diplomatique avec la Russie pour la faire plier, renforcement progressif de l’option turque, dénonciation d’horreurs toujours plus grandes et, fait récent, mise en avant de la possible utilisation d’armes bactériologiques et chimiques. Les puissances occidentales ne se sont toujours pas décidées, mais elles œuvrent activement pour se laisser toutes les portes ouvertes.

Quelles perspectives/prospectives pour 2013 ? Résolution du conflit ? Victoire de l’un ou l’autre des deux camps ? Intervention étrangère ? Explosion de la région suite à la chute d’El Assad ? Marginalisation de l’Iran et du Hezbollah ? Prolongation de la guerre civile une année de plus ?

Tous ces scénarios sont possibles. Aucun n’est certain. Risquons-nous à faire trois assertions pour 2013 :

-Le conflit, d’une manière ou d’une autre, sera résolu en 2013.

-Un retour en arrière n’est plus possible. La guerre est allée trop loin. El Assad ne pourra plus jamais régner comme par le passé sur ce qui est de moins en moins « son » pays.

-Si El Assad tombe en 2013, toute la géopolitique de la région se réorganisera, que ce soit lentement ou brutalement. On l’a dit et répété, sans avoir un place de leader dans la région, Damas s’est imposé comme un rouage essentiel des jeux de pouvoirs régionaux, un condensé des problématiques ethniques, religieuses, politiques et économiques du moyen orient.

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