La crise arabe et ses conséquences sur le prix du pétrole

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Après plusieurs articles uniquement centrés sur les pays en proie à des Révolutions populaires, il convient d’en étudier certaines conséquences externes, mais malgré tout inévitables. En effet, seulement deux ans et demi après ce qu’on a pu appeler le « troisième choc pétrolier », avec un baril de pétrole au-delà des 150$, il semble que des craintes plus importantes apparaissent, au fur et à mesure de la propagation des mouvements populaires.

En seulement quelques semaines, le baril s’échange désormais aux environs de 105$ aux Etats-Unis, contre environ 80$ avant la crise libyenne. D’un point de vue naïf, à la lecture de ces chiffres, on pourrait donner à la Libye un poids majeur dans la production pétrolière (en effet, une hausse de 20% en quelques semaines, ce ne peut être qu’à cause d’un producteur majeur…). Et bien non ! La Libye, avant les mouvements, c’était 2% de la production mondiale de pétrole, bien loin de l’Arabie Saoudite et de ses 13% ! On ne peut voir dans cette hausse que le poids de la spéculation, et des craintes d’embrasement à d’autres pays pétroliers de la région.

Selon un ancien haut responsable de chez Total, travaillant aujourd’hui pour un grand cabinet de conseil, que nous avons pu rencontrer, c’est bien l’Arabie Saoudite qui détient les clés, car elle est la seule à pourvoir se targuer d’être un « swing producer », c’est-à-dire un producteur clé sur le marché mondial, capable à tout moment d’augmenter sa production de manière élevée. Néanmoins, il reconnait que si l’Algérie venait à être en proie aux mêmes troubles, une hausse bien plus importante des prix du pétrole serait à craindre, signifiant bien là que l’Arabie Saoudite ne pourra pallier indéfiniment l’arrêt des productions des pays touchés par la vague révolutionnaire…

Alors, évidement, ce débat peut paraitre stupéfiant, lorsqu’on sait que des Libyens meurent tous les jours en menant leur combat vers la liberté. Mais la crise libyenne a au moins le mérite de montrer qu’une fois de plus la transition vers l’après-pétrole n’est même pas en marche, tant la dépendance à l’or noir parait patente. Et c’est bien l’Europe qui apparait doublement touchée : la Libye était un de ses fournisseurs majeurs d’hydrocarbures, et contrairement à 2008, l’euro n’est pas aussi fort face au dollar. Problèmes de riches, sans doute…

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