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L’apport des Kirchner en Argentine

 

Le kirchnérisme célèbre ses dix ans au pouvoir. 10 ans en arrière, l’Argentine sortait à peine de l’une des pires crises économiques, mais aussi politiques et sociales de son histoire.

Samedi dernier, ils étaient un demi-million sur la Place de Mai pour célébrer la décennie des Kirchner au pouvoir. Le kirchnérisme aura donc gagné des fidèles tout au long de cette décennie, alors qu’ils étaient peu nombreux à soutenir l’ascension de Nestor Kirchner avant sa prise de pouvoir en 2003.

“Je ne suis pas éternelle et ne veux pas l’être », ce furent les paroles de l’actuelle présidente qui, selon la Constitution en l’état, ne pourra se représenter à la suite de ce mandat qui prendra fin en 2015. La Présidente a d’ailleurs mis fin aux bruits qui couraient sur une éventuelle réforme qui aurait pu voir le jour afin que le « règne » des Kirchner se prolonge.

Le 25 mai 2003, Nestor Kirchner, prenait la succession d’une décennie marquée par une poussée du libéralisme avec la présidence de Carlos Menem (1989-1999). Le pays dans un état catastrophique voyait les conséquences de cette situation au niveau politique avec quatre démissions de présidents en quatre ans, de 1999 à 2003.

La crise économique de 2001 est aujourd’hui bien loin : la dette a été considérablement réduite, l’industrie a été relancée et avec elle le PIB, accompagné aussi d’une chute du chômage. Pourtant le ralentissement de l’économie reste problématique, puisque après avoir atteint les 8.9% de croissance durant trois ans (2003-2006), cette dernière a pris la pente descendante pour arriver à 1.9% en 2012.

Outre le redressement économique, un redressement de cap dans la politique extérieure a aussi vu le jour avec les Kirchner. Auparavant proche des Etats-Unis, et ce notamment avec l’opération Condor qui avait été instaurée avec la junte militaire en place, l’Argentine s’est progressivement éloignée de la grande puissance. Les Kirchner eux ont préféré s’orienter vers la Chine avec un commerce du soja qui a rapidement pris de l’ampleur. Le rôle de l’Argentine a aussi pris de l’ampleur en Amérique Latine.

L’autre réussite est bien sûr l’exorcisation des vieux démons argentins, avec le jugement des anciens dirigeants de la dictature (1976-1983). Videla, symbole de cette dictature terrible, est d’ailleurs décédé le 17 mai 2013.  

L’arrivée au pouvoir des Kirchner aura donc eu de nombreux côté positifs, peu à peu masqués par une gestion du pouvoir bancale, principalement depuis 2007 et la prise de pouvoir de Cristina Kirchner pour succéder à son mari.

Corruption, populisme, nationalisation de compagnies pétrolières, malhonnêteté au moment de la publication des chiffres de l’inflation (25% selon des experts, 10% selon le pouvoir) : tous ces faits sont venus entacher la réussite globale des mandats successifs des époux Kirchner.  Du fait des problèmes évoqués ci-dessus, la contestation est de plus en plus forte dans le pays et 2015, année des prochaines élections présidentielles, paraît finalement loin pour la population argentine.

En effet la célébration de cette décennie visait aussi à faire oublier cette contestation grandissante et les centaines de milliers de manifestants qui protestèrent contre le gouvernement en novembre et avril dernier.

Clin d’oeil de l’histoire, ce dixième anniversaire correspondait également à la traditionnelle célébration de la Révolution du 25 mai 1810, date à laquelle l’Argentine s’affranchit de la mainmise espagnole sur le pays en déclarant son indépendance.

 

 

 

About Raphaël DELLAVALLE

Raphaël Dellavalle est étudiant au département des Sciences de la Communication de l'Université de Malaga.

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