Si Hugo Chavez ne cesse, dans son style inimitable, de clamer haut et fort son soutien à un Iran en pleine tourmente, c’est aussi peut être pour des raisons politiques : alors que commencent à se profiler à l’horizon les élections d’octobre prochain, le dirigeant vénézuélien se doit de détourner l’attention de son bilan économique et social.

Henrique Capriles Radonski, gouverneur de l'Etat de Miranda, nouveau leader de l'opposition et candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2012.
En effet, la situation du Venezuela s’est considérablement aggravée ces 5 dernières années sur bien des points : sous-investissement chronique dans l’économie et les infrastructures menaçant l’appareil productif d’obsolescence, coupures de courant répétées et durables dans tout le pays, insécurité en forte hausse et surtout, crise durable et profonde du logement. C’est sur ce point, fer de lance des promesses de Chavez, que l’opposition est particulièrement féroce : il manque plus de deux millions de logement au Venezuela, et l’industrie du bâtiment, pourtant nationalisée par le « Comandante », peine à construire 100 000 logements à l’année…
Certains vénézuéliens ont du mal à « avaler » le bilan Chavez. Ce dernier est le président de l’extrême gauche populiste élu sur un programme social (la révolution du peuple) d’une grande générosité : la déception face à ce bilan, notamment pour certaines classes populaires, est donc grande.
De plus, l’échec socio économique du président contraste avec la colossale manne pétrolière dont dispose le pays. Où sont donc passés les milliards ? Le Venezuela souffre-t-il du même « mal de la rente » que nombre de pays d’Afrique ? Partiellement.
En effet, si la corruption est bien réelle à la tête de l’Etat, elle n’est pas colossale et ne suffit en aucun cas à expliquer la « disparition » de la rente. Cette dernière est absorbée par l’impressionnant budget militaire du pays mais surtout par la multitude d’aides et de primes versée directement par le gouvernement à la population.
Ces aides, ponctuelles mais très généreuses, servent de soupape de sécurité au président pour calmer telle ou telle frange de la population. Leur effet macroéconomique est désastreux : destinées à des populations en difficulté, elles n’aboutissent à aucun investissement productif et elles génèrent de forts pics d’inflation en faisant brutalement augmenter la demande. Au niveau politique, par contre, c’est une réussite : de fait, le groupe visé voit brutalement sa situation s’améliorer et met donc fin à toute revendication.
L’opposition semble avoir trouvé un leader dans la personne du jeune, énergique et charismatique Henrique Capriles Radonski, et son audience auprès des classes populaires vénézuéliennes commence à s’étoffer. Il est très probable que le président Chavez parvienne, un fois de plus, à se faire réélire en octobre. Sa recette à base de populisme, d’antiaméricanisme et de flamboyance internationale, si elle vieillit, fonctionne toujours. Mais le régime « autoritaro-démocratique » qu’il a installé dans son pays ne peut survivre à long terme sans un vaste consensus populaire. Si l’opposition, même en perdant les élections, parvient à briser ce consensus, elle aura gagné.

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Sylvain Zuber n a sans doute jamais mis les pieds au Venezuela…
Superbe leçon de propagande anti-chaviste et anti-socialiste. Malheureusement, les témoignages de quelques amis européens que j’ai au Venezuela, contredisent peu ou prou ces affirmations… La solidarité latinoaméricaine et l’amitié avec Cuba sont en train de “faire des ravages” dans l’arrière-cour des USA; Tant dans la lutte contre l’analphabétisme, pour la santé, pour l’alimentation. En Bolivie, en Equateur, au Venezuela. Panique chez les tenants du néo-libéralisme et du “moins d’Etat”…
Ce qui se passe en Amérique latine et dans les Caraïbes n’est pas évidemment le credo à HEC…
Je n’ai pas tenté dans cet article de faire un bilan “global” de la période chaviste. L’article ne porte que sur le bilan social et sur le bilan économique de M. Chavez.
Je ne remet pas en cause le bilan éducatif ou le bilan sanitaire, par exemple, domaines où les progrès du Venezuela, notamment avec l’aide de Cuba, ont été remarquables. Les inégalités, mesurées par le coefficient de gini, ont certes diminué au début du mandat de M. Chavez. Mais ces inégalités sont actuellement en train de remonter. Je ne m’avancerais pas sur le bilan “agroalimentaire”, puisque l’on peut considérer que les grands programmes de soutien à la production agricole (par des aides directs, des crédits à taux bonifié, des fournitures de matériel etc.) sont encore “en chantier”.
J’insiste sur le fait qu’à mon sens, la question du bilan socio économique du président Chavez n’est pas la question du plus ou moins d’Etat. C’est une question d’utilisation des pouvoirs que l’Etat détient.
Le fait est que les gouvernements Chavez échouent à consolider l’économie du Venezuela, notamment du fait d’une mauvaise utilisation de la rente: le système de redistribution direct, installé au détriment de l’investissement dans l’appareil productif et dans les infrastructures, est de facto une ineptie économique. Le fait qu’un des plus importants exportateurs de pétrole au monde souffre d’un déficit chronique de production électrique interpelle. Rappelons que le taux de croissance de la production industrielle du Venezuela est de -3,3%, et que le taux d’inflation est de 28,9%.
Ma phrase “il manque plus de deux millions de logement au Venezuela, et l’industrie du bâtiment, pourtant nationalisée par le « Comandante », peine à construire 100 000 logements à l’année…” est en effet mal tournée et trop rapide. Ce n’est pas la nationalisation de l’industrie du bâtiment en tant que telle qui est à blâmer, c’est l’absence de politique volontariste consécutive à la nationalisation qui l’est. Le secteur souffre d’une grave pénurie de matières premières, et le manque d’investissement (notamment dans les cimenteries) y est pour quelque chose.
@Txakal arrêtez de parler à vos amis… et aux amis des amis et allez voir par vous même!
Vous ne tiendrez pas 2 secondes. Les “avances” sont nulles si nous la comparons aux autres sphères, qui elles, ont malheureusement régressés.