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Zapad 2017 : la Russie et l’OTAN se testent en Europe de l’Est

 

Hasard du calendrier, ou pas, à quelques semaines d’intervalle, plusieurs membres de l’OTAN et la Russie ont chacun mis en place une série d’exercices militaires aux frontières de l’autre.

Si les manœuvres russo-biélorusses « Zapad 2017 », qui ont eu lieu entre les 14 et 20 septembre dernier ont fait couler beaucoup d’encre, les exercices « Sea Breeze -2017» organisés du 10 au 22 juillet dans la mer Noire par les Américains, les Ukrainiens et 16 autres pays membres de l’OTAN ont moins retenu l’attention des médias occidentaux. Ces exercices ont, de part et d’autre, des vocations défensives, mais les objectifs sont clairs. Pour l’OTAN, il s’agit de renforcer ses capacités de riposte militaire en mer Noire et pour la Russie, de contrer une éventuelle infiltration occidentale sur son territoire.

Sites de l’exercice militaire Zapad 2017 (source : Libération)

Même si les objectifs officiels sont lisibles – et défensifs – chaque côté a observé avec attention les exercices organisés par l’autre.

Du côté russe, les intentions sont lisibles à la vue du scénario proposé pour ces exercices : la lutte contre des « groupes extrémistes » ayant infiltré le territoire Biélorusse et l’enclave de Kaliningrad depuis trois États imaginaires. Néanmoins, on peut identifier ceux-ci comme étant la Pologne, la Lituanie et la Lettonie. Le nom même de ces exercices ne laisse planer aucun doute ; « Zapad 2017 », que l’on peut traduire par « Occident 2017 ». Si ce type d’exercice est habituel pour la Russie, puisqu’ils sont organisés chaque année dans une région différente, les États européens ont vivement critiqué le manque de transparence des autorités russes, concernant le nombre de ressources déployées. Si le chiffre de 13 000 soldats a officiellement été publié, la réalité pourrait être bien plus importante. Il est estimé qu’entre 80 et 100 000 hommes auraient été mobilisés.

Du côté occidental, le choix de la mer Noire comme lieu d’exercice n’est pas anodin, tout comme la participation de l’Ukraine. Si ces manœuvres mobilisent bien moins de ressources humaines que « Zapad 2017 », elles rappellent aux ukrainiens le soutien des États-Unis et de l’OTAN, à seulement quelques dizaines de kilomètres de la péninsule de Crimée, rattachée à la Russie en 2014.

Des deux côtés les arguments liés à ces exercices sont les mêmes depuis dix ans. La Russie rappelle son droit souverain à mener des exercices sur son territoire, tout en dénonçant la volonté expansionniste de l’OTAN. À l’inverse les pays occidentaux condamnent ces tentatives « d’intimidation » et considèrent ces exercices comme une menace, après les interventions russes en Géorgie et en Ukraine.

Si ces exercices n’indiquent pas une volonté commune d’affrontement entre la Russie et l’OTAN, ils mettent en avant l’éloignement croissant entre les deux entités, un éloignement qui a débuté il y a près de 10 ans, en août 2008 lors de la crise géorgienne et de la seconde guerre d’Ossétie du Sud.

About Fabien HERBERT

Rédacteur géopolitique pour Les Yeux du Monde. Formé à l'Université Catholique de Louvain, Fabien Herbert est journaliste et analyste spécialisé en relations internationales. Il s'intéresse notamment au monde russophone et au Moyen-Orient.

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