Nigéria : l’ONU victime d’un attentat

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L’insécurité est montée d’un cran vendredi au Nigéria suite à un attentat kamikaze vendredi matin à l’encontre du siège de l’ONU, à Abuja. Interpol a pour sa part proposé son expertise à la police nigériane tandis que des agents du FBI se sont rendus sur place.

Revendiqué par une secte islamiste du nom de Boko Haram, cet attentat à la voiture piégée a fait au moins 19 morts dans un pays en proie à une extrême violence. Si les enquêteurs n’écartent aucune piste quant aux auteurs de l’attentat (le groupe islamiste Boko Haram est cité par plusieurs experts nigérians comme étant l’unique coupable potentiel), ce dernier montre à quel point la police nigériane a du mal à instaurer un climat de sécurité dans un pays qui n’est autre que le plus peuplé d’Afrique, avec environ 150  millions d’habitants.

La première question qui vient à l’esprit est bien évidemment les raisons d’une telle attaque. Si Boko Haram, dont l’objectif est l’instauration d’un Etat islamiste au Nigéria, était effectivement responsable, il se pourrait qu’Al-Qaïda au Maghreb (AQMI) ait pu influencer ce groupe à agir de la sorte. En effet, les liens entre ces deux mouvements se seraient fortement renforcés ces derniers mois.

Un pays divisé et victime de violences quotidiennes

Remarquons ici que le Nigéria, dont les frontières sont issues de l’époque coloniale, est un pays plus que divisé. Aujourd’hui, les Chrétiens du Sud sont à peu près aussi nombreux que les Musulmans au Nord, et ces scissions religieuses entrainent régulièrement des violences meurtrières, notamment à l’occasion d’élections. Ce fut notamment le cas suite à l’élection de Goodluck Jonathan, un Chrétien du Sud, en avril dernier. Celui-ci a par ailleurs demandé un renforcement de la sécurité dans la capitale nigériane.

Tout ceci est d’autant plus vrai que le Sud regorge de pétrole et est donc beaucoup plus riche et développé que le Nord. Mais le Nigéria, en plus d’une violence endémique, souffre d’une corruption extrêmement forte. Ceci complique d’autant plus la mise en place d’un développement territorial équitable du pays, les ressources financières et le pouvoir étant concentré dans les dirigeants du Sud du pays. Au Nigéria, développement inégal et insécurité sont indubitablement liés, et le calme ne viendra sans doute pas tant que les richesses sont réparties de façon aussi disparate…

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