La Colombie dans une impasse sur la route de la paix

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La Colombie est depuis plusieurs décennies enclavée dans un conflit sans fin. Après avoir subi différents revers, les opposants au gouvernement, FARC en tête, semblent s’être remis d’aplomb depuis début 2011.

Les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) prennent leur envol au début des années 1980, après avoir été un groupe sans importance notoire auparavant. C’est en 1982 qu’ils décident d’étendre leur territoire. L’organisation va devoir décupler ses moyens financiers afin d’atteindre la force de frappe souhaitée. Cela va passer par des méthodes peu scrupuleuses, telles des enlèvements ou l’appropriation de l’argent de la drogue, très présent en Colombie.

Stratégiquement, les forces armées révolutionnaires colombiennes vont s’emparer de zones indispensables à leur développement : champs de  drogue (coca et pavot), les mines d’or, les champs pétrolifères, etc. Enfin l’alliance « officieuse » avec les narcotrafiquants leur permet d’accomplir leur objectif d’autant plus rapidement.

En conséquence de ce développement, les Farc vont devenir de plus en plus puissant et connaitront leur apogée entre 1996 et 2001. Les FARC feignent une démobilisation pour obtenir une zone démilitarisée qui leur permettra d’accomplir leurs forfaits en toute liberté. Le gouvernement, dirigé par Andres Pastrana, met en place, au même moment, un plan anti-drogue (Plan Colombia) qui a pour but de couper l’herbe sous le pied à la guérilla qui s’enrichit grâce à cet argent sale.

En 2002, l’arrivé de Alvaro Uribe, sonne la fin de la danse pour la « toute puissante »  guérilla.  La réaffirmation de l’autorité de l’Etat, qui passe par un renforcement de l’armée, est l’objectif principal du nouveau président. Dès 2005, des résultats probants se font ressentir avec le démantèlement de bon nombre de fronts de guérilleros.

Jusqu’en 2011 l’Etat peut faire valoir sa capacité à réduire considérablement la puissance des Farc dont plusieurs dirigeants ont disparus, ce qui a provoqué le délitement du mouvement.

Or, depuis 2011, le pays fait face à une recrudescence d’attaques envers les forces de l’ordre. Mais ces attaques ne symbolisent pas véritablement un souffle nouveau pour les Farc. Ces derniers, qui disposent toujours d’une main d’œuvre conséquente (environ 9000 hommes), n’ont plus du tout de soutien dans la population colombienne. Malgré cela, les Farc subsisteront probablement sur le long terme, restant maîtres de territoires difficilement accessibles et contrôlables par le gouvernement; ces mêmes territoires étant ceux permettant d’exploiter au mieux le business de la drogue.

La Colombie reste encore et toujours sous le coup d’un conflit amorcé depuis plus de 40 ans avec le début de la production massive de drogue. Toujours en proie à des attaques des Farc, aux ravages des narcotrafics, le pays est aussi confronté à l’aide « officieuse » des Etats voisins : le Venezuela et l’Equateur ont servi de base arrière aux opérations de la guérilla.

La richesse de l’Etat repose sur son malheur : la drogue. Face à un conflit qui lui ne lui appartient plus totalement, avec l’aide transfrontalière citée ci-dessus, la Colombie semble être embourbée dans une situation qu’elle n’a pas les armes pour combattre.

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