Politique étrangère américaine : virage à 180° ?

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Trois semaines seulement après la défaite cuisante des démocrates aux élections de mi-mandat, Chuck Hagel, unique républicain du Cabinet d’Obama et ministre de la Défense, a présenté sa démission ce 24 novembre.

Le ministre de la Défense, Chuck Hagel, démissionne, laissant des dossiers brûlants à son successeur.
Le ministre de la Défense, Chuck Hagel, démissionne, laissant des dossiers brûlants à son successeur.

Arrivé à son poste il y a moins de deux ans, Hagel avait pour tâche principale de mener à bien le retrait des troupes américaines d’Afghanistan. Suite à l’embrasement au Moyen Orient, ce n’est plus à l’ordre du jour. Au contraire, les deux dernières années du second mandat d’Obama, jusque là peu disposé à un interventionnisme à tout-va, risquent d’être marquées par la guerre.

Pour l’heure, l’Asie cristallise les tensions. D’un côté, l’Etat Islamique et son expansion rapide en Syrie et en Irak constituent l’une des principales menaces à la sécurité au Moyen Orient. De l’autre, la Maison Blanche a du renoncer au retrait des troupes américaines en Afghanistan prévu pour la fin de l’année, face à la résistance des talibans. Par ailleurs, la crise en Ukraine a tous les éléments pour initier une nouvelle guerre froide entre le gouvernement de Vladimir Poutine et les puissances occidentales. Enfin, il va sans dire que le dossier nucléaire iranien est source d’éternelles négociations sans véritable solution. Ce sont là des dossiers épineux (pour ne pas dire un véritable cadeau empoisonné) dont héritera le successeur de Hagel.

Un changement de politique étrangère pour pallier l’impopularité d’Obama ou le déclin des Etats-Unis sur la scène internationale ?

En 2008, après son élection, le président Obama annonçait « une nouvelle naissance pour le leadership américain ». Six ans après, la première puissance mondiale apparaît comme dépassée par les évènements. Ce bouleversement du Cabinet indique sans doute un changement de politique extérieure, plus agressive, avec un élargissement de la mission de l’armée américaine en Irak et en Syrie. La tâche sera ardue pour le nouveau ministre de la Défense, quel qu’il soit, d’autant plus avec un Sénat à majorité républicaine à partir du mois de janvier prochain.

Alors que certains démocrates, comme Hillary Clinton, prennent leurs distances avec le président, en vue des prochaines élections, cette annonce s’inscrit dans une stratégie plus globale par laquelle Obama semble chercher par tous les moyens à redorer son image, après l’échec des Midterms. Sa réforme ambitieuse sur l’immigration (qui devrait légaliser le statut de 4 millions de clandestins) en est un autre exemple. Néanmoins, il faudra beaucoup plus qu’un simple changement de têtes au Cabinet pour rendre aux électeurs d’Obama leurs espoirs déçus.

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