L’armée américaine va aussi connaître la rigueur budgétaire : les Etats-Unis affaiblis ?

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Alors que les Etats-Unis commencent à connaître le chômage de longue durée et que le nombre de personnes couvertes par le système de santé augmente, la marge de manœuvre du trésor américain se réduit. Pour faire face aux nouvelles dépenses et réduire le déficit, toutes les administrations doivent faire un effort et l’un des plus importants poste de dépense aux Etats-Unis est l’armée. C’est donc au secrétaire américain à la défense Robert Gates qu’il convient de prendre le taureau par les cornes.

Le programme annoncé par le Pentagone devrait produire une économie de cent milliards de dollars (77,6 milliards d’euros) sur cinq ans, notamment en supprimant l’un des commandements militaires. Tout cela aboutirait à limiter la hausse du budget militaire à 1% au dessus du niveau de l’inflation au maximum. Plusieurs autres pistes sont avancées : une coupe budgétaire dans la marine (dont l’agrandissement est prévu), la recherche nucléaire et plusieurs systèmes d’armement coûteux pourrait faire économiser 960 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, selon un rapport du parlementaire Barney Frank.

Des sommes qui devraient contenter le Congrès car le Pentagone, après une cure d’austérité après la fin de la guerre froide, avait accrût son budget de 4% par an en termes réels depuis le 11 Septembre au point d’atteindre plus de 4,6% du PIB en 2008 pour un total de 661 milliards de dollars. Les dépenses de l’armée américaine représentent près de 40% des dépenses militaires mondiales, et sont deux fois plus élevées que la somme de celles des quatre autres pays ayant les plus gros budgets (Royaume-Uni, Chine, France et Russie). Durant les années 2000, la guerre en Afghanistan et en Irak, les programmes de drones et les sommes astronomiques versées aux mercenaires de Blackwater ont fait exploser les budgets. La démobilisation de troupes d’Irak et les vœux de Barack Obama et de Hillary Clinton de réduire au maximum l’utilisation de mercenaires sont un premier pas vers une meilleure gestion des sommes allouées à la défense.

Cependant les partisans d’un Hard-power américain s’inquiètent de cette baisse. Car la Chine, son adversaire le plus probable en cas de grand conflit, augmente le sien très rapidement (+14,8% en 2009 pour un total de 56 milliards d’euros, soit 6,3% du PIB). Les services de renseignement américains estiment que le budget chinois de la défense s’élèvera à 225 milliards de dollars d’ici à 2025. Mais ces inquiétudes n’ont pas lieu d’être car si l’on tient simplement compte de l’inflation, en supposant qu’elle sera la même que ces quinze dernières années, le budget du Pentagone s’élèverait à 800 milliards de dollars en 2025.

Cette annonce est surtout une mauvaise nouvelle pour les fournisseurs du Pentagone : Boeing, Lockheed Martin, … qui vont voir se tarir une manne importante. Or, c’est sur une économie de guerre que les Etats-Unis ont toujours bâti leur croissance et c’est une relance militaro-keynésienne qui a relacé l’économie dans les années 1980. L’occasion de trouver un nouveau modèle de croissance ou une nouvelle vague de chômage en perspective ?

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