L’année en images (6) : Etats-Unis, l’empreinte d’Obama en question

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Alors même que la Chine a illuminé cette année 2010, tant dans les faits que dans les chiffres, il convient de boucler ce bilan 2010 par la puissance qui reste, malgré tout, la plus grande et la plus influente au monde, les Etats-Unis.

L’année 2010 aura définitivement marqué la rupture totale de la politique étrangère américaine avec celle qui avait pu exister durant l’ère Bush, par exemple. Une Amérique qui vacille un peu plus, qui ne donne plus l’impression d’être vraiment elle-même, moins influente, mais généralement plus appréciée à l’étranger. Ce changement n’est dû qu’à un seul homme, Barack Obama. Celui-ci a encore dû rattraper les excès de son prédécesseur, encore assumer deux guerres que les Etats-Unis n’ont pas su (pu ?) gagner, en Afghanistan et en Irak. Le retrait d’Irak est un symbole de la politique étrangère pacifiste d’Obama, mais il ne suffit plus. Une guerre qui coûte beaucoup trop cher au contribuable américain se tient également en Afghanistan, si bien que l’autonomie totale de l’armée afghane a été décidée pour 2014. Mais, ce qu’on constate, c’est le relatif « silence » américain au sujet de deux pays qui appartenaient, autrefois, à « l’Axe du Mal » bushien, la Corée du Nord et l’Iran. Relatif, car il est clair que la rhétorique guerrière bushienne a laissé place au médiateur Obama. Cependant, comme on le voit dans les deux cas, la médiation n’a donné que peu de résultats, symbole, peut-être, de la perte d’influence américaine.

Sur le plan intérieur, Obama a passé une année difficile. Les Américains ont tenu rigueur lors des élections de mi-mandat de sa mauvaise gestion du « 11 septembre écologique », de cette marée noire causée par BP (mais que pouvait-il faire d’autre, réellement ?). A cause de cette défaite, la deuxième partie de son mandat va donc être plus difficile que la première (si c’est possible (!), tant la crise de 2008 a pesé sur ses réformes), avec un électorat hostile à ses réformes « sociales », et la montée d’un conservatisme nauséabond. Nul doute que 2011 sera certainement la dernière chance pour Obama de convaincre les classes moyennes (ses soutiens massifs en 2008) qu’il est le seul à pouvoir les défendre face au « joug » des marchés.

Bref, une année à certainement oublier pour Obama, mais hautement symbolique pour les observateurs de la politique américaine. Obama n‘est pas un multilatéraliste à la Clinton, il est au-delà. Il manie en effet le multilatéralisme avec une realpolitik nécessaire, reconnaissant que son pays a beaucoup à se faire pardonner mais qui doit en même temps assumer sa première place mondiale. Première place que les Etats-Unis détiennent encore, mais pour combien de temps ?

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