« Les Etats-Unis parient sur le futur de l’Inde » (H. Clinton) : en même temps, ils n’ont pas le choix

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L’Inde est certainement la première dans l’histoire contemporaine à connaître une croissance économique menaçante pour les pays occidentaux sans pour autant exciter leur courroux. Voire même le contraire ! Nicolas Sarkozy y était resté très longuement en décembre dernier, c’est aujourd’hui Hillary Clinton qui vient prêcher la bonne parole. Elle réaffirme que l’Inde doit jouer un rôle central en Asie-Pacifique. Ou plutôt : proposer une alternative crédible au modèle économique « offensif » chinois, partenaire nécessaire mais à l’évolution crainte par tous.

L’Inde n’est pas asiatique (l’a-t-elle d’ailleurs un jour été ?). Sa défense de la démocratie et des droits de l’homme est évidemment un héritage colonial. Voilà pourquoi les occidentaux arrivent à discuter plus facilement avec l’Inde qu’avec l’autre géant asiatique. Ceux-ci comptent également beaucoup sur l’Inde pour aider au développement de l’Asie Centrale, et notamment de l’Afghanistan. Clinton affirme également que l’Inde peut jouer sur l’existence d’un processus démocratique en Birmanie. Bref, il faut bien comprendre que les Etats-Unis donnent à l’Inde un poids diplomatique qu’elle n’a pas encore. Elle n’est pas encore capable de stabiliser la partie asiatique de l’océan Indien. Pourquoi ? Car sa crédibilité n’existe pas, à cause de sa fixation permanente sur l’ennemi pakistanais.

La rivalité avec le Pakistan, justement, inquiète de nombreux experts. Depuis dix ans, l’Inde profite de sa croissance économique pour développer de nouvelles armes conventionnelles ; alors que pendant ce temps, le Pakistan a dû faire face à l’extrémisme terroriste. Cependant, le Pakistan tente de rattraper son retard, notamment en matière d’armes nucléaires. Résultat, les deux possèdent chacun environ cent têtes nucléaires disponibles, de quoi faire craindre une nouvelle escalade de la violence entre les deux ennemis. La normalisation n’est pas à l’ordre du jour, surtout tant que les doutes persistent concernant le soutien apporté ou non par les chefs pakistanais aux terroristes sévissant en Inde.

Le très redouté « Cold start » reste à l’ordre du jour. Il s’agit d’une doctrine militaire selon laquelle les forces militaires indiennes pourraient envahir le Pakistan en très peu de temps, en réponse à des actes terroristes produits sur son propre sol. Gardons notre calme : cela reste une doctrine, pouvant entrer en application uniquement en guise de représailles. Mais en ces temps incertains, il y a bien un pays qui serait opposé à l’ouverture d’un deuxième front au Pakistan (cette fois-ci à l’est) : les Etats-Unis…

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