L’ETA en sale état

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Un des trois principaux dirigeants du groupe terroriste basque a été interpellé en compagnie d’un second militant aujourd’hui près de Mâcon en France. Cette arrestation relance le débat autour d’une  possible dissolution de l’organisation indépendantiste.

C’était le 20 octobre 2011. Un an après avoir annoncé un nouveau cessez-le-feu, l’organisation indépendantiste basque déclarait pour la première fois qu’elle mettait définitivement fin à la lutte armée. Depuis lors, aucune action violente n’a été revendiquée par le groupe armée. Une première depuis les échecs des précédents cessez-le-feu. Le dernier en date,en 2006, s’était soldé par un attentat à l’aéroport de Madrid-Barajas. Deux ressortissants équatoriens y avaient trouvé la mort.

Les arrestations du week-end concernent deux figures importantes. La première, Izaskun Lesaka, est considérée comme la responsable de la branche militaire de l’ETA. Le second serait Joseba Iturbe Ochotaco, et aurait participé à l’attentat de Barajas. Tous deux étaient armés lorsqu’ils ont été arrêtés. Ceci n’a pas manqué de provoquer l’indignation de la représentante de l’UPyD – Union Progreso y Democracia, un parti politique espagnole créée il y a quatre ans à l’issue d’une scission avec le PSOE. Sa dirigeante, Rosa Diez, a immédiatement demandé à connaître les raisons de  cette  présence d’armes. La gauche abertzale – la branche politique des indépendantistes  basques – a quant à elle dénoncé la politique de répression menée par le gouvernement en place à l’égard des Etarras.

La polémique suscitée par cette double arrestation met en lumière les conflits d’intérêts suscités par la gestion du démantèlement de l’ETA.

ETA est relativement affaiblie depuis quelques années, la coopération des polices françaises et espagnoles ayant fait augmenter considérablement le nombre d’interpellations. La question de la posture officielle à adopter face à une organisation toujours qualifiée aujourd’hui de terroriste par l’Union Européenne et les Etats-Unis devient cruciale : répression et impunité ou dialogue et concertation ? Le  gouvernement, tenu par le PP (Partido Popular, classé à droite) penche  pour la première solution, face à un groupe terroriste qui  a fait  829 morts depuis son premier attentat en 1968. En revanche, la gauche abertzale dénonce ouvertement l’absurdité d’une démarche qui refuse tout dialogue au moment même où ETA semble disposée à négocier. A terme,  la dissolution de l’organisation arrangerait probablement les deux camps, néanmoins divisés sur la meilleure manière d’y parvenir.

Une page douloureuse de l’histoire du Pays Basque est en train de se tourner. Mais avant d’envisager l’avenir, il faut songer à refermer définitivement les blessures du passé. Pour qu’il soit à nouveau possible d’envisager une solution pacifique et durable à la question de l’autonomie du Pays Basque.

 

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