Quelles conséquences géopolitiques sont-elles à prévoir en cas de faillite de la zone euro ?

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Faisons un peu de prospective : au train où vont les choses, il y a fort à parier que la zone euro survive difficilement au choc grec, ainsi qu’à ceux qui sont très probablement à venir. Le transfert de la suprématie économique mondiale, de l’Ouest vers l’Est, pourrait bien arriver plus vite que prévu.

Alors que les dirigeants européens (ou plutôt le couple franco-allemand) tentent désespérément de maintenir en vie la zone Euro, nous allons probablement assister à l’émergence d’une Europe à deux vitesses, avec le départ fort possible de quelques pays de cette zone euro. De quoi fortement remettre en cause l’unité (économique) de l’Europe, seul et principal atout du continent dans ce monde globalisé et multipolaire. Et c’est tout l’ancien « Nord » économique qui vacille, puisque les Etats-Unis, également, connaissent une forte période de troubles.

Il serait alors facile d’anticiper que le G8, formé pour moitié par ces puissances actuellement en proie à des troubles économiques disparaisse, ou passe plus véritablement sous la « tutelle » du G20 bien plus représentatif de la tendance actuelle. Il est certain, en tout cas, que l’opinion des investisseurs et autres dirigeants politiques mondiaux vis-à-vis de l’Europe serait profondément remaniée. Elle ne pourra plus prétendre être un « modèle » pour d’autres nations et ensembles régionaux.

Doit-on (enfin) croire au déclin occidental ?

La crise actuelle de l’euro n’est que la face émergée d’une cruelle réalité : il y a bien une reconsidération de la hiérarchie des puissances à l’échelle mondiale. Les puissances asiatiques notamment pourraient ainsi penser que leur heure est venue, face à ce déclin du riche monde occidental. Mais ne soyons pas naïfs : il n’y aurait aucun gagnant en cas de faillite de la zone euro. Mis à part les Etats autosuffisants (l’Inde par exemple), tous les autres seront affectés, à des degrés divers, par cette crise de la dette. Et au risque d’en surprendre plus d’un, ce serait la Chine qui serait la plus touchée parmi ces pays ex-émergents. Car le plus grand « marché commun » pour la Chine est bien en Europe…

De quoi décrédibiliser l’approche multilatéraliste, au profit d’un unilatéralisme économique et politique (Israël l’a du reste bien senti dans son opposition actuelle avec l’Iran). On aurait une Europe du Nord plus orientée vers l’Est, avec un partenariat européo-russe renforcé. Les pays du Sud du continent se rapprocheraient des pays d’Afrique du Nord, avec en point de mire la Turquie. Espérons seulement que l’Europe des années 2010 ne se fragmente pas comme la Yougoslavie des années 1990…

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