Kofi Annan, le médiateur de la dernière chance en Syrie ?

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L’ancien Secrétaire Général de l’ONU a rencontré le dirigeant syrien El-Assad ce week-end, pour le pousser à négocier plutôt qu’à utiliser la force contre ses opposants. Vraiment crédible ?

Les grandes puissances mondiales ne savent absolument pas quoi faire en Syrie pour ramener le président El-Assad à la raison. La chute de Homs, il y a quelques jours, semble avoir démobilisé l’opposition, qui attend l’aide précieuse venue de l’étranger pour passer à la vitesse supérieure (comme cela fut le cas en Libye). Face à cela, El-Assad est dans un fauteuil, car il est sûr de son fait et accuse directement ses opposants « terroristes » (selon ses termes) de bloquer la situation.

Ces puissances s’en sont donc remises au très populaire et fin négociateur Kofi Annan pour parvenir à convaincre El-Assad. Mais autant M. Annan jouit d’une influence prégnante pour résoudre certains conflits africains (comme en Côte d’Ivoire, l’an dernier), autant il ne devrait pas être l’homme capable de faire plier El-Assad. La réponse, si véritable réponse il y a, est à chercher ailleurs.

Un peu de lucidité, que diable !

La Russie, qui a retrouvé le semblant de neutralité qu’elle avait perdu dans son soutien à une intervention militaire en Libye, a souhaité un cessez-le-feu et l’envoi d’aides humanitaires en Syrie. Proposition évidemment refusée par le Qatar, qui cherche décidément à se donner un poids diplomatique conséquent depuis le début des Révolutions arabes. Le Qatar se borne à demander un isolement pur et simple du clan Assad, ainsi qu’à un armement des forces rebelles. Deux options hautement inimaginables à ce stade. Le Qatar est soutenu par son voisin saoudien, qui verrait évidemment d’un bon œil la disparition du principal allié de l’Iran dans la région.

On le voit, tous les recours actuellement utilisés pour en finir avec la confrontation directe entre El-Assad et ses opposants échouent, soit par manque de neutralité, soit par la prégnance d’un intérêt national trop importante (Qatar, Arabie Saoudite, voire certaines puissances occidentales). Une approche mêlant sanctions économiques, reconnaissance des torts des deux parties (dirigeants et opposition syriens), appui humanitaire et non-intervention étrangère pourrait peut-être satisfaire les intérêts de tous ceux qui peuvent encore en terminer avec le flot de sang continu depuis plus d’un an.

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