La dictature des Khmers Rouges au Cambodge - Les Yeux du Monde

La dictature des Khmers Rouges au Cambodge

Saloth Sar est mort le 15 avril 1998. Il est connu sous le nom de Pol Pot. Il était le chef des Khmers rouges et Premier ministre du Kampuchéa Démocratique (Cambodge actuel) entre 1975 et 1979. Les politiques de son gouvernement ont provoqué la mort d’entre 1, 5 et 2 million de personnes.

Le 5 Octobre 1970, le prince cambodgien Sihanouk est destitué par le coup d’état du général Lon Nol qui met fin à 1000 ans de monarchie. Le gouvernement de Lon Nol est soutenu par le Vietnam du Sud et les américains. Progressivement, les communistes Khmers rouges emmenés par Saloth Sar, de son nom de guerre Pol Pot, vont renverser le gouvernement allié des américains. La capitale Phnom Penh est assiégée puis assaillie le 17 avril 1975.

Les Khmers rouges déclenchent alors une sorte d’ « épuration » de tout ce qui évoque la culture occidentale sur le territoire et font évacuer la capitale. Cette évacuation est un des prémices du nettoyage « ethnique » et social qui sera perpétué a posteriori.

Quelle est la doctrine Khmère rouge ?

Elle a pour principe de stratifier la société en créant deux groupes : le peuple dit de base ou « les anciens » qui sont les « purs », constitué en grande partie des ruraux déjà sous le contrôle Khmers depuis 1970 et le peuple nouveau composé des citadins, commerçants, fonctionnaires et intellectuels. Parmi cette « caste », est désignée la sous-catégorie des déchus qui doit être éliminée. Les besoins sociaux seront distribués sous couvert de l’appartenance à telle ou telle caste.

L’Angkar, PC du Cambodge, instaure la collectivisation totale du pays, organisé en coopératives. Le territoire devient autarcique toujours dans l’idéologie de « pureté », aucune relation avec l’étranger n’est tolérée.

La répression « classique » des régimes dictatoriaux est appliquée : la prohibition des religions annoncées comme réactionnaires, dont le Bouddhisme non originaire du Cambodge, est déclenchée, travail forcé et exécution sans jugement ont raison des intellectuels et fonctionnaires de l’ancien régime. A cela, il faut ajouter une donnée propre à la dictature Khmers Rouge : la réorganisation de l’ordre sociale. Les villes sont vidées et le peuple nouveau est largement pris à partie.

La Chine soutient la guérilla khmère rouge mais aussi les Etats-Unis afin de déstabiliser le régime communiste vietnamien.  Mais en janvier 1979, l’armée vietnamienne parvient à renverser le régime avec une force armée de 150 000 à 200 000 hommes. Les Khmers fuient à la frontière thaïlandaise. Les vietnamiens resteront sur place jusqu’en 1989, année de leur évacuation complète.

Durant ses quatre années à la tête du Cambodge, le régime khmer rouge, dirigé d’une main de fer par Pol Pot aura rayé, plus ou moins selon les estimations, un million huit cent mille personnes de la carte. Le Cambodge touche le fond dans tous les domaines après cette gestion catastrophique du pays et mettra de nombreuses années à s’en remettre, notamment psychologiquement. Le procès en appel de Douch, directeur de Tuoll Sleng le centre de détention « symbole » des exécutions sommaires, s’est achevé le 3 février 2012 avec pour sanction la prison à perpétuité. Un second procès, jugeant les trois plus hautes personnalités du régime encore en vie, toutes octogénaires, a commencé fin 2011 ; un pas important pour la résilience du peuple cambodgien.

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