Qu’est-ce qu’un leader ?

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"Le leadership : c'est l'art de faire faire à quelqu'un quelque chose que vous voulez voir fait, parce qu'il a envie de le faire." Dwight Eisenhower
“Le leadership : c’est l’art de faire faire à quelqu’un quelque chose que vous voulez voir fait, parce qu’il a envie de le faire.” Dwight Eisenhower

On définit communément le pouvoir comme la capacité d’action sur quelqu’un ou quelque chose. Il s’agit donc d’une relation sociale qui peut reposer sur diverses sources ou ressources (fonction, loi, réalité sociale…). Ainsi, le pouvoir politique est un mode de régulation social qui permet d’apaiser les conflits sociaux que ce soit par la force ou par d’autres moyens.

Mais pourquoi reconnaît-on aux gouvernants le droit de nous gouverner ?

Max Weber (1864-1920) estime que le pouvoir ne peut pas reposer uniquement sur la contrainte, la coercition. C’est une possibilité mais qui est insuffisante pour que le pouvoir dure. Il est nécessaire que surgisse une forme de légitimité, c’est-à-dire une reconnaissance accordée à celui qui exerce le pouvoir, qui soit acceptée et acceptable pour le plus grand nombre. En d’autres termes, la légitimité repose sur le consentement des individus à un pouvoir qui les domine.

Weber définit la domination comme la probabilité pour le détenteur du pouvoir d’obtenir l’obéissance sans avoir à utiliser la force. Plus simplement, il s’agit d’une relation de pouvoir légitime et stabilisée. Il distingue trois idéaux types.

Tout d’abord, la domination traditionnelle repose sur la croyance en l’intangibilité de normes ancestrales. Les détenteurs du pouvoir sont légitimes au nom de la tradition intemporelle ou sacrée dans laquelle ils s’inscrivent. En contrepartie, le détenteur du pouvoir est contraint d’agir en fonction des coutumes pour maintenir sa légitimité. C’est le cas du monarque qui tire sa légitimité de l’hérédité.

Ensuite, la domination rationnelle légale est le cas où la domination repose sur la croyance en la légalité et la rationalité des actions des détenteurs du pouvoir. Autrement dit, on n’obéit pas à des personnes mais à des règles abstraites et impersonnelles. Cette forme trouve son expression la plus achevée dans les Etats modernes.

Enfin, la domination charismatique est une soumission à un chef à qui on prête des vertus hors du commun. Le charisme ne renseigne pas sur un individu mais la relation entre un peuple et cet individu. Cette domination repose entièrement sur la croyance collective quant aux qualités qu’on attribue au leader charismatique. Ce dernier établit une relation directe avec le peuple. C’est pourquoi cette domination disparaît avec le leader qui l’incarne. C’est le cas de Staline, de Jésus, de Gandhi, de Martin Luther King ou encore du pape.

Il existe des formes hybrides de domination. Elles ne sont pas acquises une fois pour toute, un système peut passer de l’une à l’autre. Les dominants doivent donc en permanence réactiver leur légitimité.

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